blog de Loïc Lucas

Espace d’échange et de réflexion

Politique d’évaluation

Publié par Loïc Lucas sur Mercredi 25 juin 2008

http://www.ove-national.education.frA la mode, les politiques d’évaluation. Le gouvernement ne rêve plus que de ça : prime au mérite, plan campus, intéressement, … Oui mais !

Si l’évaluation des politiques publiques est un outil précieux, il est sage de ne pas le gaspiller. Premièrement une évaluation sérieuse coute cher. C’est du personnel, du papier, du temps. Il est bon d’évaluer de manière efficace, et pas n’importe comment ou n’importe quand. Deuxièmement, quel est le rôle d’une évaluation ? S’agit-il de se taper sur le ventre et de narguer les autres avec notre supposée puissance ou s’agit-il davantage de résoudre des difficultés?

L’argent public est rare. C’est un fait. Mais sa rareté n’en entache nullement son efficacité. On peut faire beaucoup avec peu. Et c’est là l’enjeu d’une bonne évaluation. Avoir un retour sur les investissements publics, sur les politiques menées pour pouvoir les perfectionner, les adapter aux besoins des populations et des usagers. Une évaluation indispensable comme outil de perfectionnement, de correction, d’anticipation.

Aujourd’hui, l’évaluation est vécue par les professionnels comme une épreuve, comme un risque. Ceci est particulièrement vrai dans les métiers de l’éducation. Et pour cause. Les politiques d’évaluation aujourd’hui menées reposent sur le principe du cancre et du bon élève. On félicite le bon élève, on affiche son nom sur le tableau d’honneur, on le glorifie, on l’exhibe. En revanche, on exclut le cancre, on le stigmatise, on lui fait porter un bonnet d’âne. Aujourd’hui, les évaluations servent à ça : arroser là où il pleut. On met de l’argent là ou ça marche, pour que ce soit “visible à l’international”… Et là ou ça ne marche pas me direz-vous : bah on ferme !

Oui les évaluations sont utiles, voir indispensables. Mais à condition de se doter des moyens de répondre, et de répondre correctement. Pourquoi aider des universités bien portantes alors que les autres souffrent? Pourquoi refuser d’aller au cœur des problèmes? Une mauvaise évaluation ? D’accord, il y a un problème. Ce problème doit être résolu, et il faut des moyens pour le faire correctement. Des chercheurs non publiant ? Quand il manque 150 agents techniques et administratifs, qui se tape la paperasse ?

Il y a toujours une ou plusieurs explications à un problème. Et un problème sans solution est un problème mal posé disait Einstein. Posons les problèmes, cherchons des solutions et mettons l’argent là ou il en manque.

Une bonne évaluation sera efficace seulement à ces conditions :

Être menée sérieusement , sur la durée, par des personnels compétents et formés

Être analysée scrupuleusement sans arrière pensées

Être accompagnée de moyens financiers et humains

Être suivie d’une volonté politique pour agir là ou il y en a le plus besoin

Image issue du site de l’Observatoire de la Vie Etudiante (national) : http://www.ove-national.education.fr

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Quelle place pour les collectivités locales

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 5 juin 2008

http://www.seinemaritime.net/

http://www.rouen.fr/

http://www.agglo-rouennaise.fr/

http://www.ville-mont-saint-aignan.fr/

http://www.region-haute-normandie.com/

http://www.europarl.europa.eu/news/public/default_fr.htmPréparer l’avenir se fait dès aujourd’hui… Ou plutôt dès la semaine dernière. Nouvellement élu au Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire de l’Université de Rouen sur la liste UNEF et Associations Etudiantes, c’est tout naturellement que j’ai rencontré le Président de la Communauté d’Agglomération de Rouen, Laurent Fabius (ce qui en fait sourire quelques-uns) et le Président du Conseil Régional, Alain le Vern. Entre deux discussions sur le transport, le logement ou encore la vie culturelle, je me suis posé une question qui hante de nombreux élus locaux : quelles réponses apporter quand l’Etat se désengage. En Haute Normandie, un choix fort légitime est souvent fait : les collectivités doivent rester dans leur champ de compétence pour ne pas encourager le désengagement de l’Etat. Si les Régions, Départements et Communes financent à chaque fois que l’Etat manque à ses obligations, il n’y a en effet aucune raison pour que ce dernier ne change de politique. Mais comment des élus de gauche pourraient-ils adopter une position aussi pragmatique face à la souffrance de leurs concitoyens. Car là ou l’Etat se retire la misère s’installe : inégalités d’accès au sport, à la culture, aux savoirs, à l’éducation… Ce sont autant de domaines dans lesquels l’Etat se retire et les collectivités impuissantes s’investissent aussi bien que possible. Je ne mentionne même pas les transferts de compétences aux collectivités sans les transferts financiers au non d’une décentralisation mal faite par la droite qui avait pourtant voté contre celle de François Mitterrand en son temps.

Aujourd’hui, l’Etat se désengage de plus en plus, et je crains qu’il n’y ai pas beaucoup à en tirer pour les quatre prochaines années. Nous allons devoir nous battre pour le moindre euro, et nous le ferons, mais je pense qu’il est aujourd’hui du devoir des collectivités locales de jouer un rôle d’arbitre. Nous avons la chance d’avoir 22 régions socialistes. Nous avons la chance d’avoir remporté de nouveaux départements il a quelques mois. Nous avons la force d’action pour protéger les français de la politique dévastatrice de Nicolas Sarkozy. On nous reprochera que les français ont choisi, les fameux 53 %… Oui les français ont choisi… un Président de “l’augmentation du pouvoir d’achat”, pas un président des caisses vides , et socialisme n’a jamais rimé avec renoncement. La fuite en avant de l’Etat provoque des inégalités, de la misère sociale et de la violence. Face à ce constat, les collectivités locales peuvent reconstruire de la solidarité, des services publics et de la sécurité. Pendant la campagne des municipales, Alain le Vern, en soutien à Benoit Pétel, tête de la liste de rassemblement de la Gauche à Bihorel, nous expliquait que personne n’aime augmenter les impôts. Soit. Mais l’impôt, s’il est juste et justifié, est un élément clef de la redistribution des richesses, de la solidarité et de l’équité sociale. Aujourd’hui, avec une politique fiscale adaptée, les collectivités locales ont le potentiel de contrer la politique catastrophe du gouvernement. Elles ont le moyen de dégager de nouvelles marges de manœuvre et de répondre aux problématiques du développement durable, de l’accès au sport et à la culture pour tous et de la démocratisation des savoirs et de l’Enseignement Supérieur.

Images issues des sites des collectivités locales avec lesquelles je suis en contact, et qui font un excellent travail au quotidien.

Le Département de Seine Maritime :http://www.seinemaritime.net/

La Ville de Rouen :http://www.rouen.fr/

l’Agglo de Rouen : http://www.agglo-rouennaise.fr/

la Ville de Mont Saint Aignan :http://www.ville-mont-saint-aignan.fr

la Région Haute Normandie :http://www.region-haute-normandie.com/

Un grand merci à ces élus locaux qui se défoncent chaque jour pour améliorer notre quotidien, dont le travail est souvent méconnu et la fonction occultée par des échéances jugées plus nobles comme la Présidentielle… Merci aussi aux fonctionnaires territoriaux.

Image issue du site du Parlement Européen : http://www.europarl.europa.eu/news/public/default_fr.htm

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Service minimum d’acceuil : la réponse d’un sourd

Publié par Loïc Lucas sur Samedi 17 mai 2008

http://www.unef.frJeudi 15 mai : A peine les manifestations terminées, à peine les banderoles repliées et voila que notre Président de la République nous offre une intervention dans son plus pur style : totalement à côté de la plaque. Plusieurs milliers de personnes dans de nombreuses villes de France, et la première chose qu’il trouve à dire, c’est qu’il mesure l’attente des manifestants! Que penser d’un homme d’état qui confond attente avec inquiétude, impatience avec exaspération… On pourrait croire qu’il s’agit d’un coup de communication, comme d’expliquer après une défaite électorale que les réformes ne vont pas assez vite… Mais la suite de son allocution est tout autant révélatrice : “de nombreux élèves sortent de l’école sans le niveau requis, il faut absolument réformer…” Mais pourquoi ces gens (de droite en général) ne comprennent-ils pas que l’échec à l’Ecole - tout comme dans l’Enseignement Supérieur- est dû essentiellement à un manque de moyens humain et financier.

S’arrêter là aurait suffit, on aurait été dans le rapport de force gouvernement/syndicats. Les uns expliquant qu’il y a assez (ou trop) de moyens, que les caisses sont vides (-15 milliards par an ça aide) et les autres réclamant plus de moyens et de cadrage.

Mais il ne s’est pas arrêté là. Non content d’expliquer aux grévistes qu’il ne leur répondrait pas, il les a pointés du doigt, les criminalisant presque. C’est ainsi qu’au lieu d’annoncer des moyens supplémentaires pour l’Education Nationale, que plutôt que de renoncer aux 11200 suppressions de postes à la rentrée, notre Président de la République promet la généralisation du service minimun à l’Ecole avant l’été. J’ai bien conscience que de nombreuses familles rencontrent des difficultés lors des mouvements sociaux. Mais j’aimerai ici rétablir quelques éléments de vérité suite à ce qu’on a pu entendre depuis 3 jours. Premièrement, cette grève était annoncée depuis plusieurs semaines. Personne, je crois, n’a été prévenu à la dernière minute, à moins d’un voyage sur Mars peut-être. Deuxièmement, rares sont les établissement totalement clos lors des jours de grève. En général, les personnels non grévistes accueillent les enfants des familles en difficulté. Dernier point peut-être, et beaucoup semblent ne pas y penser tellement il est évident : personne ne fait grève par plaisir. Personne ne perd du salaire “pour prendre un jour de congé”. Et les premiers responsables d’une grève ne sont ni les syndicats ni les personnels mais bien les membres du gouvernement qui attendent le point de rupture avant d’accepter l’idée d’une négociation.

Aujourd’hui, nous sommes face à une nouvelle attaque contre le pilier de la République. Notre Education Nationale n’est pas parfaite. Elle ne garantie pas à tous les mêmes chances d’accès à l’Enseignement Supérieur. Elle a besoin d’être améliorée. Mais une réforme de l’Education Nationale ne devra jamais se faire sans ses personnels et nécessitera au préalable d’affirmer un certain nombre de points clefs : l’Ecole doit être un outil de la mixité sociale et la volonté de préserver une carte scolaire doit être au cœur du débat. L’Ecole est aussi l’outil pour former le citoyen, pour lui donner les connaissances, l’autonomie et ce dont il aura besoin pour s’épanouir tout au long de sa vie.

Voila quelques ambitions pour notre Education Nationale. Et si un jeune de 25 ans arrive à écrire ces quelques lignes, je suis convaincu que des ministres et des enseignants arriveront à remettre l’Ecole au coeur de notre République. Si notre Président de la République ne se sent pas capable de s’affranchir de sa surdité chronique, il serait grand temps qu’il songe à changer de fonctions… On n’est pas élu Premier Homme d’un Etat pour expliquer au bout d’un an que les caisses sont vides, que rien ne va à cause de l’Europe ou encore pour passer davantage de temps en vacances qu’en Conseil des Ministres.

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Pour la défense du Service Public

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 15 mai 2008

http://www.unef.frAujourd’hui manifestation à Rouen comme dans de nombreuses villes de France. Initiée par l’Education Nationale et les lycéens contre le suppression de 11000 postes à la rentrée, c’est finalement une grande partie de la fonction publique qui s’est mobilisée. Il faut dire que les remises en causes et les attaques sont nombreuses. On peut nous avancer des raisons budgétaires ou démographiques. On peut nous expliquer que les caisses sont vides et les postes inutiles. Il n’en reste pas moins que les motivations profondes de cette remise en cause du Service Public est bel et bien idéologique. Nous ne sommes pas aujourd’hui face à des mesurettes faites dans tout les sens, nous sommes en train d’assister à la mise en place d’un projet de droite, et un des plus durs que nous ayons eu à subir depuis longtemps. Nous devons maintenant nous défendre contre ce projet, et être capable d’en poser un nouveau, en s’appuyant sur nos Collectivités Locales. un Etat - et ses Collectivités Locales- se repose sur son Service Public. Il est à la base même des politiques de solidarité, de réduction des inégalités et de promotion sociale. Un Service Public, c’est la garantie pour chaque citoyen d’une égalité de traitement. C’est l’élément structurant de notre société, qui permet d’assurer liberté, égalité et fraternité pour un peuple. L’attaque des services publics est la volonté affichée de transformer notre République en une agrégation de communautés en confrontation : riches contre pauvres, jeunes contre vieux, travailleurs contre chômeurs, électeurs contre sans papier. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde ou les injustices sociales vont croissantes. Pour lutter contre elles, nous avons besoin d’un Service Public renforcé, accompagné, sollicité. L’Education, l’Enseignement Supérieur, la Santé et l’Energie … sont l’affaire de tous. Alors battons nous aujourd’hui pour la reconstruction d’un Service Public de qualité, qu recouvre de nouvelles compétences, qui ait les moyens de remplir ses missions. Voici une alternative de gauche à la politique du gouvernement, que certains (ou certaines) feraient mieux de porter plutôt que leur ambition personnelle.

Photo issue du site de l’UNEF : http://unef.fr

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Pour une recherche publique européenne : construisons la CERI

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 8 mai 2008

www.laurent-fabius.netLa recherche est la clef de l’innovation, tant technologique que culturelle et sociale, et cette même innovation est notre garantie pour une croissance forte, une économie sereine et un peuple épanoui. Aujourd’hui, en France et en Europe, nous sommes face à deux problématiques inquiétantes : la recherche publique est insuffisamment accompagnée, voir même menacée dans notre pays et aucune politique commune de recherche et d’innovation n’est à l’œuvre dans Union Européenne. Nous avons construit une Europe économique. Il est grand tant de passer à une Europe politique et à une Europe sociale. Mais pour se donner la garantie d’une économie solide et de progrès ambitieux, nous devons en premier lieu construire l’Europe de la recherche.

En France, la recherche manque de moyens financiers, humains et infrastucturaux. N’est-il pas étonnant d’entendre des responsables se plaindre d’un manque d’étudiants, des étudiants d’un manque de perspectives et des étrangers de manques de visas et de titres de séjour. Il est absolument urgent de soutenir notre recherche, en donnant au CNRS les moyens et l’autonomie nécessaires à la conduite d’une politique de recherche cohérente à l’échelle nationale. Une politique de recherche ambitieuse doit aussi s’appuyer sur nos universités et écoles, dont les potentiels sont rarement mis en valeur. Un pays a besoin de chercheurs, et nos chercheurs ont besoin d’un service public d’enseignement supérieur ambitieux et de qualité.

Mais cela ne suffit pas. Nos têtes pensantes passent aujourd’hui davantage de temps à rechercher des crédits qu’à résoudre des problèmes… Et les équipes sont en concurrence au sein de l’Union Européenne, et parfois même au sein d’un pays! Je ne dis pas que chaque Etat membre doive se spécialiser dans un domaine, j’estime simplement que lorsque la concurrence entre personnels vient parasiter la qualité du travail et la santé de ces mêmes personnels, alors elle n’est pas justifiée. Nous devons aujourd’hui rendre une certaine cohérence aux financements sur projet, faire coopérer des équipes de plusieurs états, en soutenant en amont l’apprentissage des langues, en versant des aides à la mobilité et en créant un espace de ressource documentaire communautaire…

Voici quelques idées personnelles qui m’amènent et m’amèneront à défendre le projet initié par Laurent Fabius, la construction d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’innovation. Je ferai remarquer aux sceptiques que c’est aujourd’hui le seul responsable de gauche qui s’intéresse à la recherche, que ça ne date pas d’hier et que ça n’est donc pas de l’opportunisme et qu’il est temps de se bouger pour défendre notre recherche publique.

Image issue du site de Laurent Fabius,

vous trouverez l’intégralité de sa proposition à cette adresse : http://www.laurent-fabius.net/article1002.html

Vous trouverez ici la note détaillée du 23 novembre 2007 détaillant le projet téléchargeable sur le lien ci dessus ceri_detail_23_nov_2007

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La recherche, outil du progrès social et démocratique

Publié par Loïc Lucas sur Vendredi 2 mai 2008

www.laurent-fabius.netFrancis Bacon, homme d’état et philosophe anglais du XVIIème siècle, émit la réflexion selon laquelle le savoir est source de pouvoir. La démocratie étant un partage du pouvoir entre les individus, elle a donc besoin pour se développer d’être accompagnée d’une politique d’accessibilité pour tous au savoir. On peut en effet s’interroger sur la crédibilité d’un exercice démocratique tel qu’une élection lorsque les citoyens ne sont pas suffisamment éclairés pour faire un choix indépendant de toute pression médiatique ou gouvernementale. Ayant compris cette réalité, les forces progressistes de différents pays ont développé ces dernières décennies des politiques de démocratisation de l’éducation (collège unique, carte scolaire) et de massification de l’enseignement supérieur (non sélection sociale ou financière, lutte contre l’échec). De même, les tenants du libéralisme n’ont eu de cesse que de pilonner ces outils du progrès social. Aujourd’hui ces politiques semblent mise en défaut en France par un chômage de masse qui perdure depuis trop longtemps, par l’échec des étudiants en premier cycle (licence) et par le faible pouvoir d’achat de nos concitoyens.

Désespérés ou mal informés, certains n’hésitent pas à développer des théories selon lesquelles un partage du savoir provoquerait une baisse du niveau de connaissance, serait un frein à l’innovation, pèserait trop lourdement sur l’économie.

Après une profonde remise en question d’un service public de l’enseignement supérieur avec les réformes LMD et la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le gouvernement de M Fillon (ou M Sarkozy, qui sait) s’attaque en sous main à la recherche française. Moyennant un pactole de 1.8 milliards d’euros (dont la moitié en allègements fiscaux pour les entreprises), on assiste à une stagnation du nombre de postes d’enseignants chercheurs et d’allocations de recherche, à la suppression attendue de postes IATOS et à une mutation sévère de la politique du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Parmi les principales modifications, le renforcement du pouvoir du président du centre et un changement de la politique de financement des laboratoires. Actuellement le CNRS finance les laboratoires en fonction de leurs résultats (publications, brevets), politique discutable mais qui permet à de petites équipes compétentes d’exister sur des domaines précis. Dans le futur, seuls seront financés les gros laboratoires travaillant sur des axes de recherche privilégiés. La recherche française risque donc de se concentrer sur quelques thèmes nationaux en fonction des promesses électorales et des enjeux financiers. Le tribut à payer semble bien lourd pour un pactole qui vaut moins de 15% des aides fiscales offertes aux 100 000 français les plus riches durant l’été 2007.

Plusieurs analyses économiques montre que l’ouverture des filières longues à un maximum d’étudiants est économiquement bénéfique. L’arrivée sur le marché du travail d’individus à haut niveau d’étude ne suffit certes pas à créer des emplois hautement qualifiés, mais en est une condition absolument nécessaire. Pour relancer le pouvoir d’achat de tous, développer une croissance suffisamment forte pour financer de vrais services publics et réussir la démocratisation du savoir, il est indispensable de proposer de vraies réformes ambitieuses.

En premier lieu, il est indispensable de poursuivre une vraie politique de massification de l’enseignement supérieur, non seulement en premier cycle mais aussi vers des études longues. Pour réussir, l’état doit s’engager pleinement dans le financement et l’accompagnement des universités.

Pour permettre à un maximum de faire de la recherche, le nombre d’allocations de recherche doit être considérablement accru, avec une politique d’ouverture vers les filières autres que scientifiques.

Une réforme de la politique de la recherche doit être menée afin de soulager financièrement et administrativement les laboratoires, même les plus petits. Un investissement massif en terme financier et de nombre de postes doit être fait vers les petites unités de recherche.

Le partage du savoir ne peut être limité par un horizon national. Il est temps de développer un espace européen de la recherche avec des politiques de coordinations, d’échanges et de partage des découvertes et des ressources. Les aides à la mobilité doivent être plus nombreuses et plus conséquentes.

Enfin, puisque le savoir est un bien commun à tous, la recherche tout comme l’enseignement supérieur doivent répondre à une mission de service public.

Ensemble, construisons un projet ambitieux :
un service public européen de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Contributon à Demosaïque, journal de la sensibiité DEMOS de l’UNEF, octobre 2007

image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

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