Nous y voila… La grande bataille de notre temps…. euh désolé, je pensais être en train de commenter un extrait du Seigneur des Anneaux de Tolkien, lorsque Gandalf assiste impuissant à la mobilisation des armées de Sauron. En fait, rien d’aussi fantastique. Il s’agit juste de l’attaque contre l’un des plus grands acquis sociaux de notre pays : la durée légale du travail. Après la remise en cause du principe de la Sécurité Sociale (payer selon ses moyens, recevoir selon ses besoin) avec les taxes sur la maladie, la droite souhaite, sous prétexte des 35h, remettre en cause le cadre national de la durée de travail. La manœuvre est habile : campagne sur le pouvoir d’achat, déclarations alarmantes sur le budget et…. massacre des acquis sociaux qui pèseraient sur le budget et sur le pouvoir d’achat… Malin non ? D’habitude la droite se contente de transférer la demande sociale ainsi créée à la charge des collectivités locales. Oui elle est habile, notre droite au gouvernement, mais que fera-t-elle une fois les 35h supprimées ? Comment nos dirigeants justifieront-ils leur échec ? Diront-ils que c’est conjoncturel, que c’est la crise économique ou encore que les français ne travaillent pas assez ?
Mais savez-vous qu’un ouvrier français est un des plus productifs d’Europe? Avez-vous conscience que les acquis sociaux existent aussi parce qu’un employé détendu travaille mieux qu’un employé stressé? Pour vous démontrer qu’une bonne politique sociale est plus efficace sur l’économie que l’attente d’une autorégulation du capitalisme, voici quelques données issues de l’OCDE, organisme qui, comme chacun le sait, se place très à gauche… vous trouverez les données brutes sur http://stats.oecd.org/WBOS/Index.aspx?DatasetCode=PDYGTH
Première courbe : productivité comparée France-Allemagne de 1970 à 2006
Ce premier graphe nous montre bien que l’on est pas moins productif en France que dans un autre pays européen souvent cité en exemple pour sa politique industrielle. On peur remarquer des fluctuations. Je me suis donc intéressé au rapport couleur politique de gouvernement/taux d’accroissement (an2-an1)/an1
Deuxième courbe : taux d’accroissement de 1971 à 2006
Cette courbe nous montre que le taux d’accroissement est une grandeur assez dispersée. On pourrait s’attendre à ce qu’un gouvernement de gauche ou de droite ait le même taux moyen.
figure 3 : Tableau comparatif gauche/droite
Globalement, on remarque que la productivité augmente d’avantage sous un gouvernement de gauche que sous un de droite. Ce clivage est d’autant plus fort si l’on regarde depuis 1981.
Ces quelques données illustrent parfaitement que les politiques de gauche ne freinent pas la productivité de nos travailleurs, mais au contraire permettent de l’accroitre. Le procès mené contre les 35 h par la droite est purement idéologique. S’il est vrai que les 35h ont été mal appliquées, en particulier dans l’hôpital, il faut aussi rappeler que c’est la droite élue en 2002 qui a massacré les budgets prévus pour leur accompagnement. Former une infirmière prend trois ans. Les financements nécessaires à l’embauche des personnels de santé nécessaires à l’application des 35h étaient prévus dès le début… Mais M Rafarin est passé par là.
La dérégulation du travail ne permettra pas une hausse du pouvoir d’achat. En plus de flinguer la productivité de nos salariés, elle risque de tirer vers le bas le salaire de beaucoup d’entre nous. On peut ajouter que cette mesure va contre le travail mené par Nicolas Sarkozy cette première année : comment défiscaliser des heures complémentaires… lorsqu’elles n’existent plus? Sans durée légale du travail, qu’est-ce qu’une heure suplémentaire ?
Pour cette article, je n’ai pas défendu les 35h sur une base idéologique. J’aurai pu arguer que le partage du travail est une nécessité économique, mais je me suis contenté de prendre des statistiques économiques d’un organisme plutôt de droite, de les analyser et d’en tirer des conclusions. Que le gouvernement arrête de jouer à chat avec nous, soit il met en œuvre une politique ultralibérale et il l’assume, soit il est réellement impuissant, il reconnait que les politiques de droite ne sont pas la solution et démissionne.



