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Chronique funéraire de l’Enseignement Supérieur

Posté par Loïc Lucas le Jeudi 5 mars 2009

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A peine élu, en juillet 2007, Nicolas Sarkozy débutait une attaque sans précédent contre l’enseignement supérieur français qui, s’il n’est pas parfait, est un élément essentiel de notre service public de l’enseignement. En faisant voter à la faveur de l’été une loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le Chef de l’Etat a plongé les universités françaises dans un bourbier unique en son genre. Couplée à un déficit criant en personnel, l’application de cette loi a fait perdre plus d’un an aux équipes de recherches. Les dirigeants des universités sont en effet les mêmes qui travaillent dans les laboratoires, et comment trouver la sérénité nécessaire à la recherche quand il faut dans le même temps organiser de nouvelles élections, élire un président et modifier les statuts, le tout dans un climat d’urgence et de tension très présidentiel… Ce retard les universités auraient très bien pu le gérer si cette LRU n’avait pas déstabilisé en profondeur la communauté universitaire, le seul objectif de cette loi étant de recentrer la gouvernance des établissements publics d’enseignement supérieur autour d’une petite équipe de direction pour leur permettre de gérer la masse salariale et les ressources immobilières… Le Président de la République pensait pouvoir exporter son mode de pouvoir si particulier, mais la gestion des universités reposait sur une relation de confiance, issu de l’exercice démocratique, entre son équipe de direction et ses acteurs. Les conseils étaient davantage les lieux de débat et de discussions indispensables à la prise de décision réfléchies que des chambres d’enregistrement des volontés d’un dirigeant…
Voici sommairement décrit un portrait de l’enseignement supérieur français en cette rentrée 2008. Rupture de confiance entre équipe de direction et personnels, démotivation des équipes de recherche, sentiment d’abandon par la tutelle. D’aucun aurait pu penser que tout allait rentrer dans l’ordre, que la confiance allait revenir, qu’une fois de plus l’attaque ne laisserait que quelques cicatrices… C’était sans compter sur l’imagination débordante du Président de la République. En quelques semaines ont été annoncées une réforme de la formation des enseignants, une autre des formations de santé, et encore une concernant les modes de dotation financière des universités. Raisonnables bien que très inquiets, tout le monde se mit au travail sur ces annonces. Les contenus des formations ont été travaillés, débattus… Jusqu’à cette nouvelle provocation portée par le début de l’hiver : Suppression de plusieurs centaines de postes dans l’enseignement supérieur et décret de modification du statut des enseignants chercheurs. Alors comment, oui comment, faire de la recherche, gérer des établissement de plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, travailler sur trois réformes, faire des  cours, surveiller des examens, mieux encadrer les étudiants, être à leur écoute, si le nombre de postes déjà terriblement insuffisant diminue encore et encore ? Derrière les annonces du gouvernement se cache un fait troublant. En effet le ministère a investie des sommes importantes dans l’enseignement supérieur : plan campus, plan réussite en licence. Mais ces plans sont totalement inefficace puisque les université n’ont pas les moyens humains de les mettre en œuvre. Comment assurer un meilleur encadrement des étudiants de première année quand le nombre d’heures supplémentaires à l’Université de Rouen représente le temps de travail de 450 enseignants chercheurs ?
Les propos récents de Nicolas Sarkozy à l’encontre des universitaires n’a été que la goutte qui a fait déborder un vase déjà bien rempli. Mais revenons quand même sur ce discours. Selon le Chef de l’Etat, la recherche française est inefficace… Alors comment ce fait-il que selon des classements très américains le CNRS est classé 4ème organisme mondial et 1er européen ? Faut-il s’étonner que les chercheurs publient moins quand on leur demande de travailler sur  3 réformes en 3 mois ? Il parait aussi que les universités françaises sont mal notées… Mais que signifie un classement entre nos universités qui répondent à une mission de service public, ouvertes à tous avec des frais d’inscription de quelques centaines d’euros, et des universités anglo-saxonne ultra sélective à plusieurs milliers d’euros l’année ? En s’attaquant à l’enseignement supérieur français, le Président de la République cherche à déstabiliser la notion même de service public. Derrière le projet de « masterisation » (recrutement des enseignants à un niveau bac +5), se cache en fait une volonté de fragiliser profondément le modèle éducatif français. Actuellement, les futurs enseignants passent un concours à niveau bac +4 et bénéficient d’un an de formation professionnel avec le statut de fonctionnaire stagiaire. Dans le nouveau modèle imposé, il n’y a plus cette étape de formation professionnelle. Les enseignants de demain seront envoyés en classe – pour la plupart en ZEP – sans aucune expérience professionnelle !
Le monde éducatif est souvent perçu comme corporatiste et conservateur. Personne ne nie aujourd’hui la nécessité de réforme, de changement. Les universités françaises sont passées en près de 40 ans de quelques centaines de milliers à plus de 2 millions d’étudiants. Naturellement des évolutions sont souhaitables, mais doivent-elles pour autant se faire contre les principaux intéressés ? De la maternelle au supérieur, tous veulent s’investir dans leur mission de service public et tous souhaitent des évolutions. Aujourd’hui,  l’enseignement supérieur a plus que besoin d’un vrai budget pour pouvoir fonctionner correctement. La recherche a besoin d’être une vraie priorité nationale à la fois en moyens humains et financiers. Sur le graphique (source : OCDE 2007/2) ci-dessous est représentée la part du PIB consacrée à la recherche en France depuis 1980. La corrélation entre gouvernement de Gauche (en rose) et augmentation de crédits est aussi nette que celle entre gouvernement de Droite (en bleu) et diminution de crédit !

Avec un budget à la hauteur de ses missions, l’enseignement supérieur retrouvera toute son énergie et sa créativité, à la fois en matière de recherche, d’innovation et de progrès social. Ce n’est qu’accompagnée d’investissements et de créations de postes qu’une réforme de l’éducation pourra avoir lieu pour garantir le succès de la démocratisation de l’accès aux savoirs.

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Le retour

Posté par Loïc Lucas le Jeudi 19 juin 2008

loic.lucas76@gmail.comBonjour à tous. J’ai pris un peu de retard dans l’écriture du blog du fait de beaucoup de travail, tant au labo que dans mes engagements. En vrac : Convention Nationale du Parti Socialiste, 10ème colloque des CIES, deux CEVU à l’Université de Rouen, la thèse (un peu quand même), une réunion sur les statuts, mon anniversaire, le vote NON des irlandais, et ce soir une réunion publique organisée par la mairie de Bihorel!

Un dénominateur commun à ces rendez-vous : une inquiétude. Une profonde inquiétude sur l’avenir. Sous les mandats du précédent Président, les projets étaient souvent mauvais mais tout aussi souvent contestés, améliorés ou rejetés. Les forces progressistes savaient jouer leur rôle protecteur, leur travail de sauvegarde. Aujourd’hui, le gouvernement semble marquer des victoires idéologiques. La droite pourra se satisfaire si elle le souhaite de la politique de Nicolas Sarkozy, je ne pense pas qu’il soit sage de balancer des contre-vérités, de tout réformer sans prendre le temps d’analyser les situations et de concerter les concernés. Je ne nie pas que certaines évolutions soient nécessaire. Etre moderne n’est pas être de droite, d’ailleurs les plus réactionnaires ne sont pas ceux qui ont aboli la peine de mort, démocratisé les savoirs et créé les 35H. Oui certaines évolutions peuvent être nécessaires face aux défis de demain : crise énergétique, crise alimentaire et crise écologique. Oui il faut prendre en compte les évolutions de la société. Mais il faut les considérer de façon humaine, sociale et pragmatique. Analysons les situations, discutons avec les acteurs, les usagers et proposons de vraies solutions.

Pourquoi ne pas remplacer un départ sur deux de fonctionnaires et gaspiller 15 milliards en boulet fiscal ?

Pourquoi afficher la recherche comme priorité nationale et démanteler le CNRS ?

Pourquoi soutenir l’enseignement supérieur et arroser là où il pleut ?

Pourquoi accuser les collectivités locales d’injustices fiscales et accentuer le désengagement de l’Etat ?

Preuve de l’incohérence des politiques menées : certaines communes vont perdre

1) leur tribunal

2) leur hôpital

3) leur caserne

4) leur école…

Où est l’aménagement des territoires? Que vont devenir ces communes sans ces emplois ? Des villes fantômes ou des antennes de l’ANPE ?

Un exemple de progrès intelligent à faire: On parle beaucoup de politique d’évaluation et la droite a marqué une victoire idéologique. Aujourd’hui, vouloir évaluer les politiques publiques serait synonyme d’être de droite. Faux! L’évaluation est un outil de professionnalisme et de rigueur. Mais l’utilisation de l’évaluation est de droite ou de gauche selon la finalité retenue. Aujourd’hui, on évalue pour stigmatiser les mauvais élèves et féliciter les bons. Pour mettre de l’argent là où ça va et non là où ça ne va pas. Mais le but d’une évaluation est tout autre. Il s’agit essentiellement de détecter les difficultés, le problèmes, pour pouvoir y apporter une réponse adaptée. Voilà la différence entre politique de droite et politique de gauche. Certains aident les plus riches et creusent les inégalités alors que les autres cherchent à les réduire.

Bref inquiétude car beaucoup de camarades aujourd’hui baissent les bras, se résignent, laissent faire. C’est aujourd’hui qu’il faut réagir car demain on nous reprochera de ne rien avoir proposé. Je n’accepte pas de me résigner, de rester à attendre et à compter les moutons. Je ne parle pas de faire une révolution, je parle de proposer une alternative crédible et réaliste, d’avancer des projets de fond, de travailler dans l’intérêt collectif plutôt que corporatiste. La balle est dans notre camp, à nous de savoir l’utiliser…. Et courber l’échine n’a jamais permis de gagner un match.

Image composée par mes soins, à partir d’élément provenant du Parti Socialiste, du Mouvement des Jeunes Socialistes, de l’Union National des Etudiants de France et de la Fédération Nationale de Protection Civile

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Science et politique

Posté par Loïc Lucas le Mardi 3 juin 2008

loic.lucas76@gmail.comA l’heure des débats sur l’avenir de la recherche en France et en Europe, je publie le compte rendu d’un des ateliers des rencontres CNRS-Jeunes d’octobre dernier. Ca date un peu mais ce résumé montre combien les inquiétudes du milieux scientifique sont nombreuses, qu’elles ne datent pas d’hier, et que les réponses ne sont pas souvent au rendez-vous. Je précise qu’il s’agit bien d’un compte rendu de réfléxions, avec lesquelles je ne suis pas nécessairement en accord. En particulier sur la relation entre scientifiques et politiques. Car s’il est vrai que le scientifique doit rendre des comptes à la collectivité, comme tout acteur utilisant des fonds publics, il n’en demeure pas moins que le CNRS doit conserver une indépendance dans sa politique de recherche. Les financements de projets peuvent ensuite se faire, à l’échelle Européenne dans la cadre d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’innovation, en complément des fonds de fonctionnement qui doivent être pérénisés.

Science et politique : quels décideurs pour une politique scientifique

Responsable : Philippe Garrigues, Directeur de Recherche, CNRS

Intervenants : Sonia Escaich, Directrice Scientifique, Mutabilis SA

Bernard Meunier, ancien Président du CNRS

Henri Audier, Directeur de Recherche émérite

L’atelier « science et politique » s’est révélé différent des autres de par la nature des personnes présentes : une plus forte proportion de chercheurs, de personnes issues du milieu associatif et de jeunes déjà sensibilisés à ces problématiques.

Une première série de réflexions s’est cristallisée autour de la place du chercheur dans la société. Le chercheur, dans son métier, est amené à communiquer sur ses découvertes. Son interlocuteur extérieur principal est alors le politique, puisque c’est à lui de fixer les orientations et les budgets de la recherche. Le scientifique peut jouer un rôle de conseiller auprès du politique, via le Conseil Supérieur dela Recherche et de la Technologie, ou via divers organismes (AFSSA, AFSSET). Cependant, les interlocuteurs ont remarqué que les élus dédiaient peu de temps aux politiques de recherche : « ils consacrent 150 fois plus de temps à débattre sur la chasse que sur la recherche » fait remarquer un intervenant.

Dans une démocratie, c’est le citoyen, par son vote, qui est le premier acteur politique. Ainsi, le chercheur se doit d’interagir avec l’ensemble de la population. Les médias sont à première vue le meilleur outil de communication scientifique, mais on leur reproche souvent de privilégier le « scoop » au détriment de la diffusion du savoir scientifique. Il existe d’autres vecteurs de communication, par exemple les collaborations avec le tissu associatif. Bien que des manifestations comme les rencontres Jeunes-CNRS, la Fête de la Science ou La Nuit des Chercheurs témoignent d’une coopération naissante, celle-ci mérite d’être davantage développée.

Le citoyen veut aujourd’hui s’investir dans les débats sur la recherche et exercer son droit de regard. Pour cela il doit être en mesure de faire ses choix en toute connaissance de cause. C’est pourquoi la société a le devoir de permettre à tous d’accéder aux connaissances scientifiques. Les élu(e)s, au même titre que les autres citoyens, de par la responsabilité qui leur est confiée, doivent être formés aux problématiques scientifiques présentes et à venir (biotechnologies, énergie et environnement, nanotechnologies, …). Dans l’histoire des relations entre scientifiques et politiques, le dialogue n’a pas toujours montré son efficacité. Dans l’exemple de l’amiante, les conclusions scientifiques ont précédé de 80 ans les actions politiques. On peut aussi mentionner l’accident de Tchernobyl où les scientifiques consultés ont été invités à adapter leurs conclusions pour la presse.

On a ensuite abordé les difficultés rencontrées autour du binôme science-politique. Le premier obstacle pour un chercheur désireux de partager son savoir, de s’engager politiquement ou d’enseigner est que ces activités ne sont pas prises en compte dans l’évolution de sa carrière. Elles sont même parfois mal vues au sein de la communauté scientifique : « Ils sont perçus comme des exclus de la société à laquelle ils adhèrent » intervient quelqu’un, « Vue d’un labo, la politique c’est un peu sale » répond un autre.

Par ailleurs, la multiplication des structures de financement et leur mode de fonctionnement a fait débat : flou sur les politiques de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), du CNRS, du Conseil Européen de la Recherche, … Enfin, les participants ont soulevé les problèmes du manque de moyens dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, du statut des doctorants, du nombre insuffisant d’allocations de recherche et de postes. La discussion s’est poursuivie sur les difficultés des doctorant à s’intégrer dans le circuit économique français, reflétant le hiatus entre écoles d’ingénieurs et Universités.

L’interaction entre le chercheur et le citoyen est à la base d’une politique scientifique. Cet atelier en est d’ailleurs l’illustration : les jeunes n’ont pas hésité à soulever des vérités qui dérangent et à prendre à parti les intervenants. La richesse du débat était telle que nous n’avons pu conclure dans le temps imparti et nombreux d’entre nous ont poursuivi leur discussions dans couloirs, à tables ou entre deux slows..

17e Rencontres CNRS Jeunes
Sciences & Citoyens
26, 27 et 28 octobre 2007
Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers

Rapporteurs : Julie Dirwimmer, Matthieu Monier, Loïc Lucas

 

http://www2.cnrs.fr/jeunes/599.htm

 

 

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Les 35 heures

Posté par Loïc Lucas le Lundi 19 mai 2008

loic.lucas76@gmail.comNous y voila… La grande bataille de notre temps…. euh désolé, je pensais être en train de commenter un extrait du Seigneur des Anneaux de Tolkien, lorsque Gandalf assiste impuissant à la mobilisation des armées de Sauron. En fait, rien d’aussi fantastique. Il s’agit juste de l’attaque contre l’un des plus grands acquis sociaux de notre pays : la durée légale du travail. Après la remise en cause du principe de la Sécurité Sociale (payer selon ses moyens, recevoir selon ses besoin) avec les taxes sur la maladie, la droite souhaite, sous prétexte des 35h, remettre en cause le cadre national de la durée de travail. La manœuvre est habile : campagne sur le pouvoir d’achat, déclarations alarmantes sur le budget et…. massacre des acquis sociaux qui pèseraient sur le budget et sur le pouvoir d’achat… Malin non ? D’habitude la droite se contente de transférer la demande sociale ainsi créée à la charge des collectivités locales. Oui elle est habile, notre droite au gouvernement, mais que fera-t-elle une fois les 35h supprimées ? Comment nos dirigeants justifieront-ils leur échec ? Diront-ils que c’est conjoncturel, que c’est la crise économique ou encore que les français ne travaillent pas assez ?

Mais savez-vous qu’un ouvrier français est un des plus productifs d’Europe? Avez-vous conscience que les acquis sociaux existent aussi parce qu’un employé détendu travaille mieux qu’un employé stressé? Pour vous démontrer qu’une bonne politique sociale est plus efficace sur l’économie que l’attente d’une autorégulation du capitalisme, voici quelques données issues de l’OCDE, organisme qui, comme chacun le sait, se place très à gauche… vous trouverez les données brutes sur http://stats.oecd.org/WBOS/Index.aspx?DatasetCode=PDYGTH

Première courbe : productivité comparée France-Allemagne de 1970 à 2006

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Ce premier graphe nous montre bien que l’on est pas moins productif en France que dans un autre pays européen souvent cité en exemple pour sa politique industrielle. On peur remarquer des fluctuations. Je me suis donc intéressé au rapport couleur politique de gouvernement/taux d’accroissement (an2-an1)/an1

Deuxième courbe : taux d’accroissement de 1971 à 2006

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Cette courbe nous montre que le taux d’accroissement est une grandeur assez dispersée. On pourrait s’attendre à ce qu’un gouvernement de gauche ou de droite ait le même taux moyen.

figure 3 : Tableau comparatif gauche/droite

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Globalement, on remarque que la productivité augmente d’avantage sous un gouvernement de gauche que sous un de droite. Ce clivage est d’autant plus fort si l’on regarde depuis 1981.

Ces quelques données illustrent parfaitement que les politiques de gauche ne freinent pas la productivité de nos travailleurs, mais au contraire permettent de l’accroitre. Le procès mené contre les 35 h par la droite est purement idéologique. S’il est vrai que les 35h ont été mal appliquées, en particulier dans l’hôpital, il faut aussi rappeler que c’est la droite élue en 2002 qui a massacré les budgets prévus pour leur accompagnement. Former une infirmière prend trois ans. Les financements nécessaires à l’embauche des personnels de santé nécessaires à l’application des 35h étaient prévus dès le début… Mais M Rafarin est passé par là.

La dérégulation du travail ne permettra pas une hausse du pouvoir d’achat. En plus de flinguer la productivité de nos salariés, elle risque de tirer vers le bas le salaire de beaucoup d’entre nous. On peut ajouter que cette mesure va contre le travail mené par Nicolas Sarkozy cette première année : comment défiscaliser des heures complémentaires… lorsqu’elles n’existent plus? Sans durée légale du travail, qu’est-ce qu’une heure suplémentaire ?

Pour cette article, je n’ai pas défendu les 35h sur une base idéologique. J’aurai pu arguer que le partage du travail est une nécessité économique, mais je me suis contenté de prendre des statistiques économiques d’un organisme plutôt de droite, de les analyser et d’en tirer des conclusions. Que le gouvernement arrête de jouer à chat avec nous, soit il met en œuvre une politique ultralibérale et il l’assume, soit il est réellement impuissant, il reconnait que les politiques de droite ne sont pas la solution et démissionne.

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Jeune fabiusien

Posté par Loïc Lucas le Mercredi 30 avril 2008

www.laurent-fabius.netPour ceux qui ne le savent pas encore, je suis ce que l’on pourrait appeler un jeune fabusien. Ceci ne signifie nullement que je suis un bébé éléphant ou un quelconque descendant d’une espèce pachidermique. Parfois excessif, la fougue de la jeunesse comme dirait un ancien du PS qui se reconnaitra, l’étiquette fabusienne ne signifie pas que je voue un culte à la personnalité de celui qui fût le plus jeune premier ministre de France. Si je me retrouve dans les idées défendues par Laurent Fabius, c’est d’abord et avant tout sur sa vision de l’action politique et publique. Refus de la politique bling-bling, volonté du sérieux et du pragmatisme, recherche des débats de fond… Tels sont les conceptions que nous partageons. Partage sur la forme mais aussi adhésion sur le fond justement. Quoiqu’on en dise, son action ces derniers mois n’a pas manqué de courage : positionnement sur le projet constitutionnel, sur la fin de vie dans la dignité, propositions pour un espace européen de la recherche et de l’innovation, pour la création d’une pollutaxe… Sans parler de la levée de lièvre que fût la TVA sociale entre les deux tours des législatives…

Voici quelques lignes pour signifier aux sceptiques qu’être jeune fabiusien aujourd’hui n’est ni une tarre ni un signe de pachidermisme précoce… C’est simplement croire que la reconstruction de la Gauche se fera résolument à gauche, dans le rassemblement, avec sérieux et ambition.

Image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

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