blog de Loïc Lucas

Espace d’échange et de réflexion

Pour une recherche publique européenne : construisons la CERI

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 8 mai 2008

www.laurent-fabius.netLa recherche est la clef de l’innovation, tant technologique que culturelle et sociale, et cette même innovation est notre garantie pour une croissance forte, une économie sereine et un peuple épanoui. Aujourd’hui, en France et en Europe, nous sommes face à deux problématiques inquiétantes : la recherche publique est insuffisamment accompagnée, voir même menacée dans notre pays et aucune politique commune de recherche et d’innovation n’est à l’œuvre dans Union Européenne. Nous avons construit une Europe économique. Il est grand tant de passer à une Europe politique et à une Europe sociale. Mais pour se donner la garantie d’une économie solide et de progrès ambitieux, nous devons en premier lieu construire l’Europe de la recherche.

En France, la recherche manque de moyens financiers, humains et infrastucturaux. N’est-il pas étonnant d’entendre des responsables se plaindre d’un manque d’étudiants, des étudiants d’un manque de perspectives et des étrangers de manques de visas et de titres de séjour. Il est absolument urgent de soutenir notre recherche, en donnant au CNRS les moyens et l’autonomie nécessaires à la conduite d’une politique de recherche cohérente à l’échelle nationale. Une politique de recherche ambitieuse doit aussi s’appuyer sur nos universités et écoles, dont les potentiels sont rarement mis en valeur. Un pays a besoin de chercheurs, et nos chercheurs ont besoin d’un service public d’enseignement supérieur ambitieux et de qualité.

Mais cela ne suffit pas. Nos têtes pensantes passent aujourd’hui davantage de temps à rechercher des crédits qu’à résoudre des problèmes… Et les équipes sont en concurrence au sein de l’Union Européenne, et parfois même au sein d’un pays! Je ne dis pas que chaque Etat membre doive se spécialiser dans un domaine, j’estime simplement que lorsque la concurrence entre personnels vient parasiter la qualité du travail et la santé de ces mêmes personnels, alors elle n’est pas justifiée. Nous devons aujourd’hui rendre une certaine cohérence aux financements sur projet, faire coopérer des équipes de plusieurs états, en soutenant en amont l’apprentissage des langues, en versant des aides à la mobilité et en créant un espace de ressource documentaire communautaire…

Voici quelques idées personnelles qui m’amènent et m’amèneront à défendre le projet initié par Laurent Fabius, la construction d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’innovation. Je ferai remarquer aux sceptiques que c’est aujourd’hui le seul responsable de gauche qui s’intéresse à la recherche, que ça ne date pas d’hier et que ça n’est donc pas de l’opportunisme et qu’il est temps de se bouger pour défendre notre recherche publique.

Image issue du site de Laurent Fabius,

vous trouverez l’intégralité de sa proposition à cette adresse : http://www.laurent-fabius.net/article1002.html

Vous trouverez ici la note détaillée du 23 novembre 2007 détaillant le projet téléchargeable sur le lien ci dessus ceri_detail_23_nov_2007

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La recherche, outil du progrès social et démocratique

Publié par Loïc Lucas sur Vendredi 2 mai 2008

www.laurent-fabius.netFrancis Bacon, homme d’état et philosophe anglais du XVIIème siècle, émit la réflexion selon laquelle le savoir est source de pouvoir. La démocratie étant un partage du pouvoir entre les individus, elle a donc besoin pour se développer d’être accompagnée d’une politique d’accessibilité pour tous au savoir. On peut en effet s’interroger sur la crédibilité d’un exercice démocratique tel qu’une élection lorsque les citoyens ne sont pas suffisamment éclairés pour faire un choix indépendant de toute pression médiatique ou gouvernementale. Ayant compris cette réalité, les forces progressistes de différents pays ont développé ces dernières décennies des politiques de démocratisation de l’éducation (collège unique, carte scolaire) et de massification de l’enseignement supérieur (non sélection sociale ou financière, lutte contre l’échec). De même, les tenants du libéralisme n’ont eu de cesse que de pilonner ces outils du progrès social. Aujourd’hui ces politiques semblent mise en défaut en France par un chômage de masse qui perdure depuis trop longtemps, par l’échec des étudiants en premier cycle (licence) et par le faible pouvoir d’achat de nos concitoyens.

Désespérés ou mal informés, certains n’hésitent pas à développer des théories selon lesquelles un partage du savoir provoquerait une baisse du niveau de connaissance, serait un frein à l’innovation, pèserait trop lourdement sur l’économie.

Après une profonde remise en question d’un service public de l’enseignement supérieur avec les réformes LMD et la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le gouvernement de M Fillon (ou M Sarkozy, qui sait) s’attaque en sous main à la recherche française. Moyennant un pactole de 1.8 milliards d’euros (dont la moitié en allègements fiscaux pour les entreprises), on assiste à une stagnation du nombre de postes d’enseignants chercheurs et d’allocations de recherche, à la suppression attendue de postes IATOS et à une mutation sévère de la politique du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Parmi les principales modifications, le renforcement du pouvoir du président du centre et un changement de la politique de financement des laboratoires. Actuellement le CNRS finance les laboratoires en fonction de leurs résultats (publications, brevets), politique discutable mais qui permet à de petites équipes compétentes d’exister sur des domaines précis. Dans le futur, seuls seront financés les gros laboratoires travaillant sur des axes de recherche privilégiés. La recherche française risque donc de se concentrer sur quelques thèmes nationaux en fonction des promesses électorales et des enjeux financiers. Le tribut à payer semble bien lourd pour un pactole qui vaut moins de 15% des aides fiscales offertes aux 100 000 français les plus riches durant l’été 2007.

Plusieurs analyses économiques montre que l’ouverture des filières longues à un maximum d’étudiants est économiquement bénéfique. L’arrivée sur le marché du travail d’individus à haut niveau d’étude ne suffit certes pas à créer des emplois hautement qualifiés, mais en est une condition absolument nécessaire. Pour relancer le pouvoir d’achat de tous, développer une croissance suffisamment forte pour financer de vrais services publics et réussir la démocratisation du savoir, il est indispensable de proposer de vraies réformes ambitieuses.

En premier lieu, il est indispensable de poursuivre une vraie politique de massification de l’enseignement supérieur, non seulement en premier cycle mais aussi vers des études longues. Pour réussir, l’état doit s’engager pleinement dans le financement et l’accompagnement des universités.

Pour permettre à un maximum de faire de la recherche, le nombre d’allocations de recherche doit être considérablement accru, avec une politique d’ouverture vers les filières autres que scientifiques.

Une réforme de la politique de la recherche doit être menée afin de soulager financièrement et administrativement les laboratoires, même les plus petits. Un investissement massif en terme financier et de nombre de postes doit être fait vers les petites unités de recherche.

Le partage du savoir ne peut être limité par un horizon national. Il est temps de développer un espace européen de la recherche avec des politiques de coordinations, d’échanges et de partage des découvertes et des ressources. Les aides à la mobilité doivent être plus nombreuses et plus conséquentes.

Enfin, puisque le savoir est un bien commun à tous, la recherche tout comme l’enseignement supérieur doivent répondre à une mission de service public.

Ensemble, construisons un projet ambitieux :
un service public européen de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Contributon à Demosaïque, journal de la sensibiité DEMOS de l’UNEF, octobre 2007

image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

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