blog de Loïc Lucas

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Articles reli´s: «:Enseignement Supérieur»

Quel accompagnement public pour les universités

Posté par Loïc Lucas le Vendredi 24 avril 2009

baniereTexte rédigé pour le  journal de la sensibilité DEMOS pour le 81ème congrès de l’UNEF

Ces quarante dernières années, l’enseignement supérieur français a connu une profonde évolution. Si le pari d’une massification de l’Université semble gagné, celui de sa démocratisation – et de celle des savoirs en général – est aujourd’hui en recherche de solution.
Il semble facile de nos jours d’accéder à l’enseignement supérieur, mais être fils d’ouvrier ou fils de cadre n’est pas synonyme d’égalité devant la réussite universitaire ou le choix des filières (doc. ci dessous, OVE; enquête condition de vie 2006, http://www.ove-national.education.fr). Ce constat nous contraint aujourd’hui à agir en profondeur pour faire des universités non plus un instrument de sélection sociale mais un outil de production et de transmission des savoirs au plus grand nombre. Ce décalage entre massification et démocratisation est essentiellement le fait d’une inertie dans le financement du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Aujourd’hui, l’Etat Français lui consacre à peine 2% de son PIB. Dans ce contexte, se pose la question du financement public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Convaincu de la nécessité d’investir massivement – et en particulier en période de crise – dans ce service public, certains seraient tentés d’inciter les universités à rechercher elles-mêmes des financements auprès des entreprises. Cette ressource, séduisante par son abondance, n’en demeure pas moins une magnifique illusion, tout simplement car le secteur privé a déjà la possibilité d’investir dans la recherche et ne le fait qu’à la marge et sur des thématiques rentables. Non seulement cette politique serait inefficace mais également génératrice d’inégalités : comment aménager équitablement le territoire si les établissements sont en concurrence pour trouver leurs moyens ? Oui, il est normal que le privé participe au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Oui, il est indispensable de répartir cette ressource pour garantir l’égalité entre un étudiant de Paris, de Rouen ou de Marseille. Mais il existe un moyen très simple pour utiliser au mieux l’argent des entreprises comme financement du service public : l’impôt national. L’impôt permet d’assurer une double équité. Une équité dans les prélèvements, puisque les entreprises versent en fonction de leurs bénéfices, et une équité dans la redistribution, puisque les universités reçoivent en fonction de leurs besoins, pour corriger les inégalités de territoire. C’est pourquoi cet impôt ne peut être local mais national, sous la gestion exclusive de l’Etat.
Cependant, le renfort des financements de l’Etat s’avère insuffisant actuellement. Si l’enseignement supérieur et la recherche demeurent et doivent rester une compétence de ce dernier, il est important que les collectivités locales s’engagent davantage dans l’accompagnement du service public de l’enseignement supérieur, sans avoir à peser en retour sur la politique de l’Université (autrement que par la participation des personnalités extérieures dans le Conseil d’Administration). Il est au moins trois secteurs essentiels dans lesquelles les Universités ont besoin d’un accompagnement des collectivités territoriales : infrastructures, sport et culture. En mettant en cohérence les CQD des établissements et les CPER des Régions, celles-ci peuvent investir dans la restructuration des campus, la rénovation des bibliothèques universitaires et la création de lieux de vies étudiants. Dans les domaines du sport et de la culture, les étudiants sont souvent les grands exclus des politiques locales. Ils  demeurent des citoyens fragilisés car sans ressources malgré un besoin d’accès aux loisirs pour leur épanouissement et leur réussite universitaire. Infrastructures, sport et culture, mais on pourrait également aborder le transport et la mobilité, le logement et l’action sociale. Ces domaines sont des compétences des collectivités locales et les politiques engagées doivent permettre de favoriser l’égalité et la réussite des étudiants et plus largement dans l’intérêt de l’ensemble des résidants en France. La démocratisation des savoirs est à portée de main : quelques graines de courage politique, un engagement des collectivités locales et un impôt national pour corriger les inégalités de territoire sont les bases solides d’un projet pour notre enseignement supérieur.

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Image : http://unef-congres2009.fr/

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Quand un député fait son travail : Question écrite de Laurent Fabius sur l’enseignement supérieur

Posté par Loïc Lucas le Mardi 14 avril 2009

assemblée nationaleAujourd’hui encore, j’ai entendu des camarades universitaires en lutte se plaindre du manque de soutien de la part des députés de l’opposition. En réponse, voici la question écrite adressée par Laurent Fabius, député de Seine Maritime, à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur.

http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-43311QE.htm

Photo : libération, http://www.ecrans.fr/L-Assemblee-Nationale-rejette-le,6910.html

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Chronique funéraire de l’Enseignement Supérieur

Posté par Loïc Lucas le Jeudi 5 mars 2009

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A peine élu, en juillet 2007, Nicolas Sarkozy débutait une attaque sans précédent contre l’enseignement supérieur français qui, s’il n’est pas parfait, est un élément essentiel de notre service public de l’enseignement. En faisant voter à la faveur de l’été une loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le Chef de l’Etat a plongé les universités françaises dans un bourbier unique en son genre. Couplée à un déficit criant en personnel, l’application de cette loi a fait perdre plus d’un an aux équipes de recherches. Les dirigeants des universités sont en effet les mêmes qui travaillent dans les laboratoires, et comment trouver la sérénité nécessaire à la recherche quand il faut dans le même temps organiser de nouvelles élections, élire un président et modifier les statuts, le tout dans un climat d’urgence et de tension très présidentiel… Ce retard les universités auraient très bien pu le gérer si cette LRU n’avait pas déstabilisé en profondeur la communauté universitaire, le seul objectif de cette loi étant de recentrer la gouvernance des établissements publics d’enseignement supérieur autour d’une petite équipe de direction pour leur permettre de gérer la masse salariale et les ressources immobilières… Le Président de la République pensait pouvoir exporter son mode de pouvoir si particulier, mais la gestion des universités reposait sur une relation de confiance, issu de l’exercice démocratique, entre son équipe de direction et ses acteurs. Les conseils étaient davantage les lieux de débat et de discussions indispensables à la prise de décision réfléchies que des chambres d’enregistrement des volontés d’un dirigeant…
Voici sommairement décrit un portrait de l’enseignement supérieur français en cette rentrée 2008. Rupture de confiance entre équipe de direction et personnels, démotivation des équipes de recherche, sentiment d’abandon par la tutelle. D’aucun aurait pu penser que tout allait rentrer dans l’ordre, que la confiance allait revenir, qu’une fois de plus l’attaque ne laisserait que quelques cicatrices… C’était sans compter sur l’imagination débordante du Président de la République. En quelques semaines ont été annoncées une réforme de la formation des enseignants, une autre des formations de santé, et encore une concernant les modes de dotation financière des universités. Raisonnables bien que très inquiets, tout le monde se mit au travail sur ces annonces. Les contenus des formations ont été travaillés, débattus… Jusqu’à cette nouvelle provocation portée par le début de l’hiver : Suppression de plusieurs centaines de postes dans l’enseignement supérieur et décret de modification du statut des enseignants chercheurs. Alors comment, oui comment, faire de la recherche, gérer des établissement de plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, travailler sur trois réformes, faire des  cours, surveiller des examens, mieux encadrer les étudiants, être à leur écoute, si le nombre de postes déjà terriblement insuffisant diminue encore et encore ? Derrière les annonces du gouvernement se cache un fait troublant. En effet le ministère a investie des sommes importantes dans l’enseignement supérieur : plan campus, plan réussite en licence. Mais ces plans sont totalement inefficace puisque les université n’ont pas les moyens humains de les mettre en œuvre. Comment assurer un meilleur encadrement des étudiants de première année quand le nombre d’heures supplémentaires à l’Université de Rouen représente le temps de travail de 450 enseignants chercheurs ?
Les propos récents de Nicolas Sarkozy à l’encontre des universitaires n’a été que la goutte qui a fait déborder un vase déjà bien rempli. Mais revenons quand même sur ce discours. Selon le Chef de l’Etat, la recherche française est inefficace… Alors comment ce fait-il que selon des classements très américains le CNRS est classé 4ème organisme mondial et 1er européen ? Faut-il s’étonner que les chercheurs publient moins quand on leur demande de travailler sur  3 réformes en 3 mois ? Il parait aussi que les universités françaises sont mal notées… Mais que signifie un classement entre nos universités qui répondent à une mission de service public, ouvertes à tous avec des frais d’inscription de quelques centaines d’euros, et des universités anglo-saxonne ultra sélective à plusieurs milliers d’euros l’année ? En s’attaquant à l’enseignement supérieur français, le Président de la République cherche à déstabiliser la notion même de service public. Derrière le projet de « masterisation » (recrutement des enseignants à un niveau bac +5), se cache en fait une volonté de fragiliser profondément le modèle éducatif français. Actuellement, les futurs enseignants passent un concours à niveau bac +4 et bénéficient d’un an de formation professionnel avec le statut de fonctionnaire stagiaire. Dans le nouveau modèle imposé, il n’y a plus cette étape de formation professionnelle. Les enseignants de demain seront envoyés en classe – pour la plupart en ZEP – sans aucune expérience professionnelle !
Le monde éducatif est souvent perçu comme corporatiste et conservateur. Personne ne nie aujourd’hui la nécessité de réforme, de changement. Les universités françaises sont passées en près de 40 ans de quelques centaines de milliers à plus de 2 millions d’étudiants. Naturellement des évolutions sont souhaitables, mais doivent-elles pour autant se faire contre les principaux intéressés ? De la maternelle au supérieur, tous veulent s’investir dans leur mission de service public et tous souhaitent des évolutions. Aujourd’hui,  l’enseignement supérieur a plus que besoin d’un vrai budget pour pouvoir fonctionner correctement. La recherche a besoin d’être une vraie priorité nationale à la fois en moyens humains et financiers. Sur le graphique (source : OCDE 2007/2) ci-dessous est représentée la part du PIB consacrée à la recherche en France depuis 1980. La corrélation entre gouvernement de Gauche (en rose) et augmentation de crédits est aussi nette que celle entre gouvernement de Droite (en bleu) et diminution de crédit !

Avec un budget à la hauteur de ses missions, l’enseignement supérieur retrouvera toute son énergie et sa créativité, à la fois en matière de recherche, d’innovation et de progrès social. Ce n’est qu’accompagnée d’investissements et de créations de postes qu’une réforme de l’éducation pourra avoir lieu pour garantir le succès de la démocratisation de l’accès aux savoirs.

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Vice Présidence Etudiante

Posté par Loïc Lucas le Mardi 16 septembre 2008

Après de longs mois de retard (application de la LRU, absence de certains candidats), l’élection du Vice Président Etudiant de l’Université de Rouen aura lieu demain matin. Ce serait mentir que de dire qu’aucune dimension personnelle existe dans ce scrutin. Etant fortement impliqué dans la vie de l’Université, étant concerné par les projets en cours et à venir, c’est avec plaisir et anxiété que je me présenterai devant les membres du Conseil demain matin. Mais au delà d’un combat individuel, ce sera l’avenir de toute une communauté qui se jouera demain. En effet, il ne s’agit pas d’une lutte de personnes ou d’individus, il s’agit davantage d’une confrontation de projets, de visions différentes du Service Public de l’Enseignement Supérieur.  Défendre un Service Public de qualité et accessible à tous,  démocratiser l’Enseignement Supérieur et redynamiser nos campus, voila quel sera le projet des élus UNEF pour les prochaines années.

Même si beaucoup de ces projets sont partagés par nos camarades des autres organisations étudiantes, seule l’UNEF a suffisamment de poids pour porter nos demandes, nos besoins, nos  revendications au plus haut niveau. Jour après jour, semaine après semaine, nous devons faire face au désengagement de l’Etat. Alors que nous sommes convaincus que l’Enseignement supérieur doit être la première des priorités de tout gouvernement, celui ci nous gratifie de 900 suppressions de poste pour la rentrée prochaine. Alors que nous avons besoin des IUFM comme structure de formation, il s’attache à les démanteler.

Pour lutter contre ce désengagement de l’Etat, nous devons être offensifs, clairs et francs. Mais certaines situations exigent une prise en compte plus rapide, une attention plus proche, un travail plus serein. C’est pour cela que cet été fut riche en rencontre avec les dirigeants des collectivités territoriales. Tout en laissant chacun dans ses compétences, travailler ensemble peut permettre de dégager la synergie nécessaire à l’épanouissement de notre Université et donc de ses usagers et personnels.

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Pour une recherche publique européenne : construisons la CERI

Posté par Loïc Lucas le Jeudi 8 mai 2008

www.laurent-fabius.netLa recherche est la clef de l’innovation, tant technologique que culturelle et sociale, et cette même innovation est notre garantie pour une croissance forte, une économie sereine et un peuple épanoui. Aujourd’hui, en France et en Europe, nous sommes face à deux problématiques inquiétantes : la recherche publique est insuffisamment accompagnée, voir même menacée dans notre pays et aucune politique commune de recherche et d’innovation n’est à l’œuvre dans Union Européenne. Nous avons construit une Europe économique. Il est grand tant de passer à une Europe politique et à une Europe sociale. Mais pour se donner la garantie d’une économie solide et de progrès ambitieux, nous devons en premier lieu construire l’Europe de la recherche.

En France, la recherche manque de moyens financiers, humains et infrastucturaux. N’est-il pas étonnant d’entendre des responsables se plaindre d’un manque d’étudiants, des étudiants d’un manque de perspectives et des étrangers de manques de visas et de titres de séjour. Il est absolument urgent de soutenir notre recherche, en donnant au CNRS les moyens et l’autonomie nécessaires à la conduite d’une politique de recherche cohérente à l’échelle nationale. Une politique de recherche ambitieuse doit aussi s’appuyer sur nos universités et écoles, dont les potentiels sont rarement mis en valeur. Un pays a besoin de chercheurs, et nos chercheurs ont besoin d’un service public d’enseignement supérieur ambitieux et de qualité.

Mais cela ne suffit pas. Nos têtes pensantes passent aujourd’hui davantage de temps à rechercher des crédits qu’à résoudre des problèmes… Et les équipes sont en concurrence au sein de l’Union Européenne, et parfois même au sein d’un pays! Je ne dis pas que chaque Etat membre doive se spécialiser dans un domaine, j’estime simplement que lorsque la concurrence entre personnels vient parasiter la qualité du travail et la santé de ces mêmes personnels, alors elle n’est pas justifiée. Nous devons aujourd’hui rendre une certaine cohérence aux financements sur projet, faire coopérer des équipes de plusieurs états, en soutenant en amont l’apprentissage des langues, en versant des aides à la mobilité et en créant un espace de ressource documentaire communautaire…

Voici quelques idées personnelles qui m’amènent et m’amèneront à défendre le projet initié par Laurent Fabius, la construction d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’innovation. Je ferai remarquer aux sceptiques que c’est aujourd’hui le seul responsable de gauche qui s’intéresse à la recherche, que ça ne date pas d’hier et que ça n’est donc pas de l’opportunisme et qu’il est temps de se bouger pour défendre notre recherche publique.

Image issue du site de Laurent Fabius,

vous trouverez l’intégralité de sa proposition à cette adresse : http://www.laurent-fabius.net/article1002.html

Vous trouverez ici la note détaillée du 23 novembre 2007 détaillant le projet téléchargeable sur le lien ci dessus ceri_detail_23_nov_2007

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La recherche, outil du progrès social et démocratique

Posté par Loïc Lucas le Vendredi 2 mai 2008

www.laurent-fabius.netFrancis Bacon, homme d’état et philosophe anglais du XVIIème siècle, émit la réflexion selon laquelle le savoir est source de pouvoir. La démocratie étant un partage du pouvoir entre les individus, elle a donc besoin pour se développer d’être accompagnée d’une politique d’accessibilité pour tous au savoir. On peut en effet s’interroger sur la crédibilité d’un exercice démocratique tel qu’une élection lorsque les citoyens ne sont pas suffisamment éclairés pour faire un choix indépendant de toute pression médiatique ou gouvernementale. Ayant compris cette réalité, les forces progressistes de différents pays ont développé ces dernières décennies des politiques de démocratisation de l’éducation (collège unique, carte scolaire) et de massification de l’enseignement supérieur (non sélection sociale ou financière, lutte contre l’échec). De même, les tenants du libéralisme n’ont eu de cesse que de pilonner ces outils du progrès social. Aujourd’hui ces politiques semblent mise en défaut en France par un chômage de masse qui perdure depuis trop longtemps, par l’échec des étudiants en premier cycle (licence) et par le faible pouvoir d’achat de nos concitoyens.

Désespérés ou mal informés, certains n’hésitent pas à développer des théories selon lesquelles un partage du savoir provoquerait une baisse du niveau de connaissance, serait un frein à l’innovation, pèserait trop lourdement sur l’économie.

Après une profonde remise en question d’un service public de l’enseignement supérieur avec les réformes LMD et la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le gouvernement de M Fillon (ou M Sarkozy, qui sait) s’attaque en sous main à la recherche française. Moyennant un pactole de 1.8 milliards d’euros (dont la moitié en allègements fiscaux pour les entreprises), on assiste à une stagnation du nombre de postes d’enseignants chercheurs et d’allocations de recherche, à la suppression attendue de postes IATOS et à une mutation sévère de la politique du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Parmi les principales modifications, le renforcement du pouvoir du président du centre et un changement de la politique de financement des laboratoires. Actuellement le CNRS finance les laboratoires en fonction de leurs résultats (publications, brevets), politique discutable mais qui permet à de petites équipes compétentes d’exister sur des domaines précis. Dans le futur, seuls seront financés les gros laboratoires travaillant sur des axes de recherche privilégiés. La recherche française risque donc de se concentrer sur quelques thèmes nationaux en fonction des promesses électorales et des enjeux financiers. Le tribut à payer semble bien lourd pour un pactole qui vaut moins de 15% des aides fiscales offertes aux 100 000 français les plus riches durant l’été 2007.

Plusieurs analyses économiques montre que l’ouverture des filières longues à un maximum d’étudiants est économiquement bénéfique. L’arrivée sur le marché du travail d’individus à haut niveau d’étude ne suffit certes pas à créer des emplois hautement qualifiés, mais en est une condition absolument nécessaire. Pour relancer le pouvoir d’achat de tous, développer une croissance suffisamment forte pour financer de vrais services publics et réussir la démocratisation du savoir, il est indispensable de proposer de vraies réformes ambitieuses.

En premier lieu, il est indispensable de poursuivre une vraie politique de massification de l’enseignement supérieur, non seulement en premier cycle mais aussi vers des études longues. Pour réussir, l’état doit s’engager pleinement dans le financement et l’accompagnement des universités.

Pour permettre à un maximum de faire de la recherche, le nombre d’allocations de recherche doit être considérablement accru, avec une politique d’ouverture vers les filières autres que scientifiques.

Une réforme de la politique de la recherche doit être menée afin de soulager financièrement et administrativement les laboratoires, même les plus petits. Un investissement massif en terme financier et de nombre de postes doit être fait vers les petites unités de recherche.

Le partage du savoir ne peut être limité par un horizon national. Il est temps de développer un espace européen de la recherche avec des politiques de coordinations, d’échanges et de partage des découvertes et des ressources. Les aides à la mobilité doivent être plus nombreuses et plus conséquentes.

Enfin, puisque le savoir est un bien commun à tous, la recherche tout comme l’enseignement supérieur doivent répondre à une mission de service public.

Ensemble, construisons un projet ambitieux :
un service public européen de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Contributon à Demosaïque, journal de la sensibiité DEMOS de l’UNEF, octobre 2007

image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

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