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Politique d’évaluation

Publié par Loïc Lucas sur Mercredi 25 juin 2008

http://www.ove-national.education.frA la mode, les politiques d’évaluation. Le gouvernement ne rêve plus que de ça : prime au mérite, plan campus, intéressement, … Oui mais !

Si l’évaluation des politiques publiques est un outil précieux, il est sage de ne pas le gaspiller. Premièrement une évaluation sérieuse coute cher. C’est du personnel, du papier, du temps. Il est bon d’évaluer de manière efficace, et pas n’importe comment ou n’importe quand. Deuxièmement, quel est le rôle d’une évaluation ? S’agit-il de se taper sur le ventre et de narguer les autres avec notre supposée puissance ou s’agit-il davantage de résoudre des difficultés?

L’argent public est rare. C’est un fait. Mais sa rareté n’en entache nullement son efficacité. On peut faire beaucoup avec peu. Et c’est là l’enjeu d’une bonne évaluation. Avoir un retour sur les investissements publics, sur les politiques menées pour pouvoir les perfectionner, les adapter aux besoins des populations et des usagers. Une évaluation indispensable comme outil de perfectionnement, de correction, d’anticipation.

Aujourd’hui, l’évaluation est vécue par les professionnels comme une épreuve, comme un risque. Ceci est particulièrement vrai dans les métiers de l’éducation. Et pour cause. Les politiques d’évaluation aujourd’hui menées reposent sur le principe du cancre et du bon élève. On félicite le bon élève, on affiche son nom sur le tableau d’honneur, on le glorifie, on l’exhibe. En revanche, on exclut le cancre, on le stigmatise, on lui fait porter un bonnet d’âne. Aujourd’hui, les évaluations servent à ça : arroser là où il pleut. On met de l’argent là ou ça marche, pour que ce soit “visible à l’international”… Et là ou ça ne marche pas me direz-vous : bah on ferme !

Oui les évaluations sont utiles, voir indispensables. Mais à condition de se doter des moyens de répondre, et de répondre correctement. Pourquoi aider des universités bien portantes alors que les autres souffrent? Pourquoi refuser d’aller au cœur des problèmes? Une mauvaise évaluation ? D’accord, il y a un problème. Ce problème doit être résolu, et il faut des moyens pour le faire correctement. Des chercheurs non publiant ? Quand il manque 150 agents techniques et administratifs, qui se tape la paperasse ?

Il y a toujours une ou plusieurs explications à un problème. Et un problème sans solution est un problème mal posé disait Einstein. Posons les problèmes, cherchons des solutions et mettons l’argent là ou il en manque.

Une bonne évaluation sera efficace seulement à ces conditions :

Être menée sérieusement , sur la durée, par des personnels compétents et formés

Être analysée scrupuleusement sans arrière pensées

Être accompagnée de moyens financiers et humains

Être suivie d’une volonté politique pour agir là ou il y en a le plus besoin

Image issue du site de l’Observatoire de la Vie Etudiante (national) : http://www.ove-national.education.fr

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Science et politique

Publié par Loïc Lucas sur Mardi 3 juin 2008

loic.lucas76@gmail.comA l’heure des débats sur l’avenir de la recherche en France et en Europe, je publie le compte rendu d’un des ateliers des rencontres CNRS-Jeunes d’octobre dernier. Ca date un peu mais ce résumé montre combien les inquiétudes du milieux scientifique sont nombreuses, qu’elles ne datent pas d’hier, et que les réponses ne sont pas souvent au rendez-vous. Je précise qu’il s’agit bien d’un compte rendu de réfléxions, avec lesquelles je ne suis pas nécessairement en accord. En particulier sur la relation entre scientifiques et politiques. Car s’il est vrai que le scientifique doit rendre des comptes à la collectivité, comme tout acteur utilisant des fonds publics, il n’en demeure pas moins que le CNRS doit conserver une indépendance dans sa politique de recherche. Les financements de projets peuvent ensuite se faire, à l’échelle Européenne dans la cadre d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’innovation, en complément des fonds de fonctionnement qui doivent être pérénisés.

Science et politique : quels décideurs pour une politique scientifique

Responsable : Philippe Garrigues, Directeur de Recherche, CNRS

Intervenants : Sonia Escaich, Directrice Scientifique, Mutabilis SA

Bernard Meunier, ancien Président du CNRS

Henri Audier, Directeur de Recherche émérite

L’atelier « science et politique » s’est révélé différent des autres de par la nature des personnes présentes : une plus forte proportion de chercheurs, de personnes issues du milieu associatif et de jeunes déjà sensibilisés à ces problématiques.

Une première série de réflexions s’est cristallisée autour de la place du chercheur dans la société. Le chercheur, dans son métier, est amené à communiquer sur ses découvertes. Son interlocuteur extérieur principal est alors le politique, puisque c’est à lui de fixer les orientations et les budgets de la recherche. Le scientifique peut jouer un rôle de conseiller auprès du politique, via le Conseil Supérieur dela Recherche et de la Technologie, ou via divers organismes (AFSSA, AFSSET). Cependant, les interlocuteurs ont remarqué que les élus dédiaient peu de temps aux politiques de recherche : « ils consacrent 150 fois plus de temps à débattre sur la chasse que sur la recherche » fait remarquer un intervenant.

Dans une démocratie, c’est le citoyen, par son vote, qui est le premier acteur politique. Ainsi, le chercheur se doit d’interagir avec l’ensemble de la population. Les médias sont à première vue le meilleur outil de communication scientifique, mais on leur reproche souvent de privilégier le « scoop » au détriment de la diffusion du savoir scientifique. Il existe d’autres vecteurs de communication, par exemple les collaborations avec le tissu associatif. Bien que des manifestations comme les rencontres Jeunes-CNRS, la Fête de la Science ou La Nuit des Chercheurs témoignent d’une coopération naissante, celle-ci mérite d’être davantage développée.

Le citoyen veut aujourd’hui s’investir dans les débats sur la recherche et exercer son droit de regard. Pour cela il doit être en mesure de faire ses choix en toute connaissance de cause. C’est pourquoi la société a le devoir de permettre à tous d’accéder aux connaissances scientifiques. Les élu(e)s, au même titre que les autres citoyens, de par la responsabilité qui leur est confiée, doivent être formés aux problématiques scientifiques présentes et à venir (biotechnologies, énergie et environnement, nanotechnologies, …). Dans l’histoire des relations entre scientifiques et politiques, le dialogue n’a pas toujours montré son efficacité. Dans l’exemple de l’amiante, les conclusions scientifiques ont précédé de 80 ans les actions politiques. On peut aussi mentionner l’accident de Tchernobyl où les scientifiques consultés ont été invités à adapter leurs conclusions pour la presse.

On a ensuite abordé les difficultés rencontrées autour du binôme science-politique. Le premier obstacle pour un chercheur désireux de partager son savoir, de s’engager politiquement ou d’enseigner est que ces activités ne sont pas prises en compte dans l’évolution de sa carrière. Elles sont même parfois mal vues au sein de la communauté scientifique : « Ils sont perçus comme des exclus de la société à laquelle ils adhèrent » intervient quelqu’un, « Vue d’un labo, la politique c’est un peu sale » répond un autre.

Par ailleurs, la multiplication des structures de financement et leur mode de fonctionnement a fait débat : flou sur les politiques de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), du CNRS, du Conseil Européen de la Recherche, … Enfin, les participants ont soulevé les problèmes du manque de moyens dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, du statut des doctorants, du nombre insuffisant d’allocations de recherche et de postes. La discussion s’est poursuivie sur les difficultés des doctorant à s’intégrer dans le circuit économique français, reflétant le hiatus entre écoles d’ingénieurs et Universités.

L’interaction entre le chercheur et le citoyen est à la base d’une politique scientifique. Cet atelier en est d’ailleurs l’illustration : les jeunes n’ont pas hésité à soulever des vérités qui dérangent et à prendre à parti les intervenants. La richesse du débat était telle que nous n’avons pu conclure dans le temps imparti et nombreux d’entre nous ont poursuivi leur discussions dans couloirs, à tables ou entre deux slows..

17e Rencontres CNRS Jeunes
Sciences & Citoyens
26, 27 et 28 octobre 2007
Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers

Rapporteurs : Julie Dirwimmer, Matthieu Monier, Loïc Lucas

 

http://www2.cnrs.fr/jeunes/599.htm

 

 

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Les 35 heures

Publié par Loïc Lucas sur Lundi 19 mai 2008

loic.lucas76@gmail.comNous y voila… La grande bataille de notre temps…. euh désolé, je pensais être en train de commenter un extrait du Seigneur des Anneaux de Tolkien, lorsque Gandalf assiste impuissant à la mobilisation des armées de Sauron. En fait, rien d’aussi fantastique. Il s’agit juste de l’attaque contre l’un des plus grands acquis sociaux de notre pays : la durée légale du travail. Après la remise en cause du principe de la Sécurité Sociale (payer selon ses moyens, recevoir selon ses besoin) avec les taxes sur la maladie, la droite souhaite, sous prétexte des 35h, remettre en cause le cadre national de la durée de travail. La manœuvre est habile : campagne sur le pouvoir d’achat, déclarations alarmantes sur le budget et…. massacre des acquis sociaux qui pèseraient sur le budget et sur le pouvoir d’achat… Malin non ? D’habitude la droite se contente de transférer la demande sociale ainsi créée à la charge des collectivités locales. Oui elle est habile, notre droite au gouvernement, mais que fera-t-elle une fois les 35h supprimées ? Comment nos dirigeants justifieront-ils leur échec ? Diront-ils que c’est conjoncturel, que c’est la crise économique ou encore que les français ne travaillent pas assez ?

Mais savez-vous qu’un ouvrier français est un des plus productifs d’Europe? Avez-vous conscience que les acquis sociaux existent aussi parce qu’un employé détendu travaille mieux qu’un employé stressé? Pour vous démontrer qu’une bonne politique sociale est plus efficace sur l’économie que l’attente d’une autorégulation du capitalisme, voici quelques données issues de l’OCDE, organisme qui, comme chacun le sait, se place très à gauche… vous trouverez les données brutes sur http://stats.oecd.org/WBOS/Index.aspx?DatasetCode=PDYGTH

Première courbe : productivité comparée France-Allemagne de 1970 à 2006

loic.lucas76@gmail.com

Ce premier graphe nous montre bien que l’on est pas moins productif en France que dans un autre pays européen souvent cité en exemple pour sa politique industrielle. On peur remarquer des fluctuations. Je me suis donc intéressé au rapport couleur politique de gouvernement/taux d’accroissement (an2-an1)/an1

Deuxième courbe : taux d’accroissement de 1971 à 2006

loic.lucas76@gmail.com

Cette courbe nous montre que le taux d’accroissement est une grandeur assez dispersée. On pourrait s’attendre à ce qu’un gouvernement de gauche ou de droite ait le même taux moyen.

figure 3 : Tableau comparatif gauche/droite

loic.lucas76@gmail.com

Globalement, on remarque que la productivité augmente d’avantage sous un gouvernement de gauche que sous un de droite. Ce clivage est d’autant plus fort si l’on regarde depuis 1981.

Ces quelques données illustrent parfaitement que les politiques de gauche ne freinent pas la productivité de nos travailleurs, mais au contraire permettent de l’accroitre. Le procès mené contre les 35 h par la droite est purement idéologique. S’il est vrai que les 35h ont été mal appliquées, en particulier dans l’hôpital, il faut aussi rappeler que c’est la droite élue en 2002 qui a massacré les budgets prévus pour leur accompagnement. Former une infirmière prend trois ans. Les financements nécessaires à l’embauche des personnels de santé nécessaires à l’application des 35h étaient prévus dès le début… Mais M Rafarin est passé par là.

La dérégulation du travail ne permettra pas une hausse du pouvoir d’achat. En plus de flinguer la productivité de nos salariés, elle risque de tirer vers le bas le salaire de beaucoup d’entre nous. On peut ajouter que cette mesure va contre le travail mené par Nicolas Sarkozy cette première année : comment défiscaliser des heures complémentaires… lorsqu’elles n’existent plus? Sans durée légale du travail, qu’est-ce qu’une heure suplémentaire ?

Pour cette article, je n’ai pas défendu les 35h sur une base idéologique. J’aurai pu arguer que le partage du travail est une nécessité économique, mais je me suis contenté de prendre des statistiques économiques d’un organisme plutôt de droite, de les analyser et d’en tirer des conclusions. Que le gouvernement arrête de jouer à chat avec nous, soit il met en œuvre une politique ultralibérale et il l’assume, soit il est réellement impuissant, il reconnait que les politiques de droite ne sont pas la solution et démissionne.

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Service minimum d’acceuil : la réponse d’un sourd

Publié par Loïc Lucas sur Samedi 17 mai 2008

http://www.unef.frJeudi 15 mai : A peine les manifestations terminées, à peine les banderoles repliées et voila que notre Président de la République nous offre une intervention dans son plus pur style : totalement à côté de la plaque. Plusieurs milliers de personnes dans de nombreuses villes de France, et la première chose qu’il trouve à dire, c’est qu’il mesure l’attente des manifestants! Que penser d’un homme d’état qui confond attente avec inquiétude, impatience avec exaspération… On pourrait croire qu’il s’agit d’un coup de communication, comme d’expliquer après une défaite électorale que les réformes ne vont pas assez vite… Mais la suite de son allocution est tout autant révélatrice : “de nombreux élèves sortent de l’école sans le niveau requis, il faut absolument réformer…” Mais pourquoi ces gens (de droite en général) ne comprennent-ils pas que l’échec à l’Ecole - tout comme dans l’Enseignement Supérieur- est dû essentiellement à un manque de moyens humain et financier.

S’arrêter là aurait suffit, on aurait été dans le rapport de force gouvernement/syndicats. Les uns expliquant qu’il y a assez (ou trop) de moyens, que les caisses sont vides (-15 milliards par an ça aide) et les autres réclamant plus de moyens et de cadrage.

Mais il ne s’est pas arrêté là. Non content d’expliquer aux grévistes qu’il ne leur répondrait pas, il les a pointés du doigt, les criminalisant presque. C’est ainsi qu’au lieu d’annoncer des moyens supplémentaires pour l’Education Nationale, que plutôt que de renoncer aux 11200 suppressions de postes à la rentrée, notre Président de la République promet la généralisation du service minimun à l’Ecole avant l’été. J’ai bien conscience que de nombreuses familles rencontrent des difficultés lors des mouvements sociaux. Mais j’aimerai ici rétablir quelques éléments de vérité suite à ce qu’on a pu entendre depuis 3 jours. Premièrement, cette grève était annoncée depuis plusieurs semaines. Personne, je crois, n’a été prévenu à la dernière minute, à moins d’un voyage sur Mars peut-être. Deuxièmement, rares sont les établissement totalement clos lors des jours de grève. En général, les personnels non grévistes accueillent les enfants des familles en difficulté. Dernier point peut-être, et beaucoup semblent ne pas y penser tellement il est évident : personne ne fait grève par plaisir. Personne ne perd du salaire “pour prendre un jour de congé”. Et les premiers responsables d’une grève ne sont ni les syndicats ni les personnels mais bien les membres du gouvernement qui attendent le point de rupture avant d’accepter l’idée d’une négociation.

Aujourd’hui, nous sommes face à une nouvelle attaque contre le pilier de la République. Notre Education Nationale n’est pas parfaite. Elle ne garantie pas à tous les mêmes chances d’accès à l’Enseignement Supérieur. Elle a besoin d’être améliorée. Mais une réforme de l’Education Nationale ne devra jamais se faire sans ses personnels et nécessitera au préalable d’affirmer un certain nombre de points clefs : l’Ecole doit être un outil de la mixité sociale et la volonté de préserver une carte scolaire doit être au cœur du débat. L’Ecole est aussi l’outil pour former le citoyen, pour lui donner les connaissances, l’autonomie et ce dont il aura besoin pour s’épanouir tout au long de sa vie.

Voila quelques ambitions pour notre Education Nationale. Et si un jeune de 25 ans arrive à écrire ces quelques lignes, je suis convaincu que des ministres et des enseignants arriveront à remettre l’Ecole au coeur de notre République. Si notre Président de la République ne se sent pas capable de s’affranchir de sa surdité chronique, il serait grand temps qu’il songe à changer de fonctions… On n’est pas élu Premier Homme d’un Etat pour expliquer au bout d’un an que les caisses sont vides, que rien ne va à cause de l’Europe ou encore pour passer davantage de temps en vacances qu’en Conseil des Ministres.

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Pour la défense du Service Public

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 15 mai 2008

http://www.unef.frAujourd’hui manifestation à Rouen comme dans de nombreuses villes de France. Initiée par l’Education Nationale et les lycéens contre le suppression de 11000 postes à la rentrée, c’est finalement une grande partie de la fonction publique qui s’est mobilisée. Il faut dire que les remises en causes et les attaques sont nombreuses. On peut nous avancer des raisons budgétaires ou démographiques. On peut nous expliquer que les caisses sont vides et les postes inutiles. Il n’en reste pas moins que les motivations profondes de cette remise en cause du Service Public est bel et bien idéologique. Nous ne sommes pas aujourd’hui face à des mesurettes faites dans tout les sens, nous sommes en train d’assister à la mise en place d’un projet de droite, et un des plus durs que nous ayons eu à subir depuis longtemps. Nous devons maintenant nous défendre contre ce projet, et être capable d’en poser un nouveau, en s’appuyant sur nos Collectivités Locales. un Etat - et ses Collectivités Locales- se repose sur son Service Public. Il est à la base même des politiques de solidarité, de réduction des inégalités et de promotion sociale. Un Service Public, c’est la garantie pour chaque citoyen d’une égalité de traitement. C’est l’élément structurant de notre société, qui permet d’assurer liberté, égalité et fraternité pour un peuple. L’attaque des services publics est la volonté affichée de transformer notre République en une agrégation de communautés en confrontation : riches contre pauvres, jeunes contre vieux, travailleurs contre chômeurs, électeurs contre sans papier. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde ou les injustices sociales vont croissantes. Pour lutter contre elles, nous avons besoin d’un Service Public renforcé, accompagné, sollicité. L’Education, l’Enseignement Supérieur, la Santé et l’Energie … sont l’affaire de tous. Alors battons nous aujourd’hui pour la reconstruction d’un Service Public de qualité, qu recouvre de nouvelles compétences, qui ait les moyens de remplir ses missions. Voici une alternative de gauche à la politique du gouvernement, que certains (ou certaines) feraient mieux de porter plutôt que leur ambition personnelle.

Photo issue du site de l’UNEF : http://unef.fr

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Non à la criminalisation de la jeunesse

Publié par Loïc Lucas sur Lundi 12 mai 2008

loic.lucas76@gmail.comHier soir : retour du rassemblement des élus UNEF à Évry. J’allume le JT sur France 2, et premier titre sur lequel je tombe : 13 morts ce WE sur les routes de France, ils avaient tous moins de 30 ans…

On ne peut pas nier qu’il existe un problème de sécurité routière en France. On ne peut pas nier aussi que les jeunes en sont les premières victimes. On peut néanmoins s’interroger sur les analyses de ces faits et sur les conclusions qui en découlent…

Car le journaliste a tout de suite embrayé sur la consommation d’alcool et de stupéfiants par les jeunes. Outre le fait que nous étions préparés à ce triste week-end (dès jeudi le médias mentionnait les chiffres mauvais de la sécurité routière), la première conclusion qu’on pourrait en tirer c’est que la politique répressive, si elle n’est pas accompagnée par une politique préventive et éducative n’a qu’un effet limité.

La seconde observation que je ferai c’est que de mon expérience avec les dragons vous ramènent, ce sont les jeunes qui font le plus appel à nous. Ajoutez à ceci qu’avec la gendarmerie 80% des éthylotests positifs que j’ai vu concernaient des quadra ou quinquagénaires… Vous comprendrez que les jeunes sont aujourd’hui sensibilisés aux dangers de l’alcool au volant… beaucoup plus que le père de famille qui, fier de ses 40 ans sans accident, rentre avec femme et enfants de chez son collègue qui sait servir de si grands crus…

Oui aujourd’hui les jeunes sont les premières victimes des accidents de la route. Oui ils font la fête plus que leur ainés et oui il est important de rester vigilant, surtout en sortie de boîte. Mais leurs aînés, qui sont exclus du peu d’éducation qui subsiste et sourds aux messages de préventions, sont également indifférents à la répression.

Les chiffres de la sécurité routière nous sont souvent balancés comme des pavés dans la mare. La baisse du nombre de tués sur les routes ne signifie pas nécessairement qu’il y ait moins d’accidents mais aussi que les véhicules sont plus sûrs qu’autrefois… Excepté pour les jeunes qui n’ont pas les moyens de se payer des véhicules neufs avec 20 airbags latéraux.

On attendrait de la part d’un journaliste un peu plus de sérieux et de ne pas rentrer dans le jeu d’un gouvernement qui a tout intérêt à criminaliser la jeunesse en ces commémorations des 40 ans de mai 68 et en plein mouvement lycéen.

Pour améliorer durablement la sécurité routière, il est grand temps de proposer une autre politique : Il y aura moins de tués sur les route quand il y aura moins de conducteurs… Développement des transports en commun et création d’un réel statut social pour tous, et en particulier pour les jeunes, afin que tous puissent se payer un billet de train, un ticket de bus et à défaut un véhicule sécurisé…

La sécurité est un droit pour tous, pas un privilège réservés aux plus riches… Et la sécurité ce n’est pas que montrer du bleu quand les médias s’affolent.

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Fin de vie dans la dignité : Pour le vote d’une loi au Parlement

Publié par Loïc Lucas sur Lundi 5 mai 2008

www.laurent-fabius.net

Nous sommes aujourd’hui face à une situation où, en France, chacun ressent la nécessité d’agir mais ne sait comment aborder le débat. Les situations de Vincent Humbert ou de Chantale Sébite marquent les limites de l’aide passive à mourir encadrée par la loi Léonetti.  Leurs cris de secours ne sont que le sommet de l’iceberg, ou plutôt d’une pyramide de vide juridique.  en effet nous sommes bel et bien aujourd’hui devant cette situation : chaque jour des euthanasies sont pratiquées en toute illégalité, par des personnels de santé nous rappelant les hommes et les femmes ayant le courage de pratiquer des IVG dans la clandestinité il n’y a pas si longtemps…

Que l’on soit pour ou contre l’aide active à mourir, nul ne peut ignorer l’urgence législative devant laquelle nous nous trouvons.  Plusieurs états européens ont déjà amorcé cette démarche, et aucun débordement n’est à déplorer. Pourquoi refuser aux patients une fin de vie dans la dignité. Les plus grands risques d’abus risquent ils d’avoir lieu à l’ombre de la clandestinité ou à la lumière du droit ? Nécessité pour la

dignité humaine, l’aide active à mourir doit être placée dans un cadre juridique stricte, fixant le rôle de chacun - patient, proches, professionnels de santé et autorités judiciaires. C’est le sens de la proposition de loi que vous trouverez ici http://www.laurent-fabius.net/article1061.html et que je copie ci-dessous :

Article 1er

L’article L-1110-9 du Code de la Santé publique est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, peut demander à bénéficier, dans les conditions strictes prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité. »

Article 2

Après l’article L-1111-10 du même code, il est inséré un article L-1111-10-1 ainsi rédigé :

« L-1111-10-1. Lorsqu’une personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, demande à son médecin traitant le bénéfice d’une aide active à mourir, celui-ci doit saisir sans délai au moins quatre praticiens dont un médecin indépendant spécialiste de la pathologie du patient, un médecin hospitalier indépendant, un médecin légiste et un psychologue. Ce collège, auquel participe le médecin traitant, doit :
- informer le patient précisément sur son état de santé et son espérance de vie, se concerter avec le patient sur sa demande d’aide active à mourir et évoquer avec lui les possibilités thérapeutiques encore

envisageables ainsi que les possibilités qu’offrent les soins palliatifs et leurs conséquences. Il doit parvenir, avec le patient, à la conviction qu’il n’y a aucune autre solution dans sa situation et que la demande du patient est entièrement volontaire ;
- s’assurer de la persistance de la souffrance physique ou psychique du patient et de sa volonté réitérée. À cette fin, il mène avec le patient plusieurs entretiens, espacés d’un délai raisonnable au regard de l’évolution de l’état du patient ;
- s’il existe une équipe soignante en contact régulier avec le patient, s’entretenir de la demande du patient avec l’équipe ou des membres de celle-ci ;
- si telle est la volonté du patient, s’entretenir de sa demande avec les proches que celui-ci désigne et la personne de confiance au sens de l’article 1111-6 du présent code ;
- s’assurer que le patient a eu l’occasion de s’entretenir de sa demande avec les personnes qu’il souhaitait

rencontrer.

Le collège consigne par écrit le résultat de ces constatations et entretiens. Il rend ses conclusions sur l’état de l’intéressé dans un délai maximum de huit jours.

La demande du patient doit être confirmée par écrit. Le document est rédigé, daté et signé par le patient lui-même. S’il n’est pas en état de le faire, sa demande est actée par écrit par une personne majeure de son choix qui ne peut avoir aucun intérêt matériel au décès du patient. Cette personne mentionne le fait que le patient n’est pas en état de formuler sa demande par écrit et en indique les raisons. Dans ce cas, la demande est actée par écrit en présence du médecin, et ladite personne mentionne le nom de ce médecin dans le document. Ce document doit être versé au dossier médical.

Le médecin traitant respecte cette volonté. L’acte d’aide active à mourir pratiqué sous son contrôle a lieu dans un délai raisonnable au regard de l’évolution de l’état du patient. Ce délai d’un maximum d’un mois est le plus long possible au regard de l’état médical du patient.

L’intéressé peut à tout moment révoquer sa demande.

Les conclusions médicales et la confirmation de la demande sont versées au dossier médical. Dans un délai de quatre jours ouvrables à compter du décès, le médecin qui a apporté son concours à l’aide active à mourir, adresse à la commission régionale de contrôle prévue à l’article L 1111-14 un rapport exposant les conditions du décès. À ce rapport sont annexés les documents qui ont été versés au dossier médical en application du présent article. »

Article 3

L’article L-1111-11 du même code est remplacé par un article ainsi rédigé :

« L-1111-11. Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie. Elles sont révocables à tout moment. A condition qu’elles aient été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience de la personne, le médecin doit en tenir compte pour toute décision la concernant. Dans ces directives, la personne indique ses souhaits en matière de limitation ou d’arrêt de traitement. Elle peut également indiquer dans quelles circonstances elle désire bénéficier d’une aide active

à mourir telle que régie par le présent code. Elle désigne dans ce document la personne de confiance chargée de la représenter le moment venu. Les directives anticipées sont inscrites sur un registre national automatisé tenu par la Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de mourir dans la dignité, instituée par l’article L-1111-14 du présent code. Toutefois, cet enregistrement ne constitue pas une condition de validité du document. Les modalités de gestion du registre et la procédure de communication des directives anticipées à la Commission susvisée ou au médecin traitant qui en fait la demande sont définies par décret en Conseil d’Etat. »

Article 4

Après l’article L. 1111-13 du même code, il est inséré un article L. 1111-13-1 ainsi rédigé :

« L-1111-13-1. Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, se

trouve de manière définitive dans l’incapacité d’exprimer une demande libre et éclairée, elle peut néanmoins bénéficier d’une aide active à mourir à la condition que cette volonté résulte de ses directives anticipées établies dans les conditions mentionnées à l’article L. 1111-11. La personne de confiance saisit de la demande le médecin traitant qui la transmet à un confrère indépendant. Après avoir consulté l’équipe médicale et les personnes qui assistent au quotidien l’intéressé, et tout autre membre du corps médical susceptible de les éclairer dans les conditions définies par voie réglementaire, les médecins établissent,

dans un délai de quinze jours au plus, un rapport déterminant si l’état de la personne concernée justifie qu’il soit mis fin à ses jours.

Lorsque le rapport conclut à la possibilité d’une aide active à mourir, la personne de confiance doit confirmer sa demande en présence de deux témoins n’ayant aucun intérêt matériel ou moral au décès de la personne concernée. Le médecin traitant respecte cette volonté. L’acte d’aide active à mourir ne peut intervenir avant l’expiration d’un délai de quinze jours à compter de la date de confirmation de la demande.

Le rapport mentionné des médecins est versé au dossier médical de l’intéressé. Dans un délai de quatre jours ouvrables à compter du décès, le médecin qui a apporté son concours à l’aide active à mourir adresse à la commission régionale de contrôle prévue à l’article L 1111-14 un rapport exposant les conditions dans lesquelles celui-ci s’est déroulé.

À ce rapport sont annexés les documents qui ont été versés au dossier médical en application du présent article, ainsi que les directives anticipées. »

Article 5

Après l’article L. 1111-13 du même code, il est inséré un article L. 1111-14 ainsi rédigé :

« Article L.1111-14. Il est institué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé de la santé, un organisme dénommé « Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de finir sa vie dans la dignité ». Il est institué dans chaque région une commission régionale présidée par le préfet de région ou son représentant. Elle est chargée de contrôler, chaque fois qu’elle est rendue destinataire d’un rapport d’aide active à mourir, si les exigences légales ont été respectées.

Lorsqu’elle estime que ces exigences n’ont pas été respectées ou en cas de doute, elle transmet le dossier à la Commission susvisée qui, après examen, dispose de la faculté de le transmettre au Procureur de la République. Les règles relatives à la composition ainsi qu’à l’organisation et au fonctionnement des Commissions susvisées sont définies par décret en Conseil d’Etat. »

Article 6

Le dernier alinéa de l’article 1110-5 du même code est complété par deux phrases ainsi rédigées :

« Les professionnels de santé ne sont pas tenus d’apporter leur concours à la mise en oeuvre d’une aide active à mourir ni de suivre la formation dispensée par l’établissement en application de l’article L-1112-4. Le refus du médecin, ou de tout membre de l’équipe soignante, de prêter son assistance à une aide active à mourir est notifié à l’auteur de la demande. Dans ce cas, le médecin est tenu de l’orienter immédiatement vers un autre praticien susceptible de déférer à cette demande. »

Article 7

Après l’article L. 1111-13 du même code, il est inséré un article L. 1111-15 ainsi rédigé :

« Article L.1111-15. Est réputée décédée de mort naturelle en ce qui concerne les contrats où elle était partie la personne dont la mort résulte d’une aide active à mourir mise en oeuvre selon les conditions et procédures prescrites par le code de la santé publique. »

Article 8

Le deuxième alinéa de l’article L-1112-4 du même code est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Ils assurent également, dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels de santé, une formation sur les conditions de réalisation d’une euthanasie. »

Article 9

L’article L.221-5 du Code pénal est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Toutefois, par exception et sous le contrôle du juge, il n’y a ni crime ni délit lorsque les faits visés aux articles 221-1 et 221-3 ont été commis par un médecin suite à une demande active à mourir dans les

conditions et selon les procédures prévues par le Code de la santé publique. »

Article 10

Les charges éventuelles qui résulteraient pour l’Etat de l’application de la présente loi sont compensées, à due concurrence, par l’augmentation des tarifs visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Lors d’un débat avec son rédacteur au Conseil Général de Seine Maritime, j’ai pu obtenir les réponses à deux interrogations sur ce texte : pourquoi les instances judiciaires vérifient-elles la conformité juridique après l’acte d’aide active à mourir et quelles protections pouvaient être mise en place pour protégé le praticien de la réaction de citoyens quelque peu bornés ou de ses empployeurs…

La réponse à la première question est simple : la décision sur l’acte est une décision strictement médicale, et la justice ne doit pas intervenir en la matière, si ce n’est en cas de débordement manifeste, ce qui est fait lors de la vérification des démarches. Concernant la deuxième question, espérons que la société évoluera de manière aussi favorable que pour l’avortement dans notre pays.

Image issue su site de Laurent Fabius : http://www.laurent-fabius.net

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