blog de Loïc Lucas

Espace d’échange et de réflexion

Archive pour mai 2nd, 2008

le développement durable responsable et maîtrisé

Publié par Loïc Lucas sur Vendredi 2 mai 2008

loic.lucas76@gmail.comLes violents phénomènes météorologiques cet été nous montrent clairement l’urgence écologique devant laquelle nous nous trouvons. Mais au-delà des dérèglements climatiques, c’est à l’échelle du développement durable qu’il faut aujourd’hui raisonner, un développement durable avant tout responsable, prenant en compte l’ensemble des aspects écologique : émissions de gaz à effet de serre mais aussi santé ou biodiversité. Un développement durable également maitrisé qui ne peut peser massivement sur notre pouvoir d’achat mais qui représente un véritable vivier d’emploi et concerne l’ensemble des acteurs du monde socio-économique.

Les enjeux du développement durable sont complexes : les effets nuisibles pesant sur notre planète sont multiples et les solutions doivent être concertées, travaillées, parfois coûteuses mais à la hauteur des urgences auxquelles nous faisons face. Le Gouvernement, pourtant excellent dans l’art du spectacle, s’avère n’être qu’un piètre acteur écologique. Non content de rejeter plusieurs tonnes de CO2 lors un voyage fumeux en Alaska, M Borloo n’est en mesure que de nous proposer un inutile dispositif bonus-malus pour l’achat de nos automobiles. L’idée est simple : si vous achetez une voiture qui émet peu de CO2, gaz responsable du réchauffement climatique, vous avez droit à une prime. Les moteurs diesel rentrent dans cette catégorie mais ces moteurs « écologiques » rejettent plus de particules que les modèles essence ! En achetant un véhicule propre, vous dégradez la qualité de l’air avec un véritable risque sur notre capital santé… Intéressant non ? On ne peut que déplorer l’inefficacité du numéro 2 du gouvernement après le long show médiatique que fut le Grenelle… Les problématiques environnementales sont trop sérieuses pour être ainsi prises à la légère. De même, pourquoi ne pas inciter les pays du sud à s’équiper d’installation énergétique alternative, plutôt que se féliciter de la vente de réacteur nucléaire.

L’écologie, nous dit-on, est l’affaire de chacun. En effet, il est de notre responsabilité de devenir des éco-citoyens responsables. Mais si certaines mesures soulagent notre porte-monnaie (prendre une douche, laisser la voiture au garage, éteindre la lumière), il en est d’autres qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat. Le gouvernement propose des réductions d’impôt pour financer des maisons vertes alors que le prix de la main d’œuvre n’est pas pris en compte dans ce dispositif. Le libéralisme, dans sa quête du profit maximum, ne peut pas apporter de réponse sérieuse au développement durable. Sur de telles thématiques, les collectivités et l’Etat doivent jouer un rôle d’arbitre. Le développement durable coûte cher, mais pourquoi cette facture devrait-elle uniquement reposer sur les épaules des consommateurs. Au lieu d’une écotaxe, pourquoi ne pas appliquer le principe de pollueur-payeur et développer une taxe carbone pour les industriels.

Le développement durable sera un point majeur du siècle qui vient tout juste de débuter. Entreprises, collectivités, individus, chacun doit y mettre du sien pour répondre aux enjeux écologiques. Dans ce contexte, seules des politiques ambitieuses mais responsables et maitrisées seront à mêmes à répondre aux problématiques environnementales à venir.

Publié dans le ° 1 de Résolument à Gauche, Journal bimensuel du MJS 76

Photo issue du site d’Année Polaire Internationale, http://www.annee-polaire.fr/api

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La recherche, outil du progrès social et démocratique

Publié par Loïc Lucas sur Vendredi 2 mai 2008

www.laurent-fabius.netFrancis Bacon, homme d’état et philosophe anglais du XVIIème siècle, émit la réflexion selon laquelle le savoir est source de pouvoir. La démocratie étant un partage du pouvoir entre les individus, elle a donc besoin pour se développer d’être accompagnée d’une politique d’accessibilité pour tous au savoir. On peut en effet s’interroger sur la crédibilité d’un exercice démocratique tel qu’une élection lorsque les citoyens ne sont pas suffisamment éclairés pour faire un choix indépendant de toute pression médiatique ou gouvernementale. Ayant compris cette réalité, les forces progressistes de différents pays ont développé ces dernières décennies des politiques de démocratisation de l’éducation (collège unique, carte scolaire) et de massification de l’enseignement supérieur (non sélection sociale ou financière, lutte contre l’échec). De même, les tenants du libéralisme n’ont eu de cesse que de pilonner ces outils du progrès social. Aujourd’hui ces politiques semblent mise en défaut en France par un chômage de masse qui perdure depuis trop longtemps, par l’échec des étudiants en premier cycle (licence) et par le faible pouvoir d’achat de nos concitoyens.

Désespérés ou mal informés, certains n’hésitent pas à développer des théories selon lesquelles un partage du savoir provoquerait une baisse du niveau de connaissance, serait un frein à l’innovation, pèserait trop lourdement sur l’économie.

Après une profonde remise en question d’un service public de l’enseignement supérieur avec les réformes LMD et la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le gouvernement de M Fillon (ou M Sarkozy, qui sait) s’attaque en sous main à la recherche française. Moyennant un pactole de 1.8 milliards d’euros (dont la moitié en allègements fiscaux pour les entreprises), on assiste à une stagnation du nombre de postes d’enseignants chercheurs et d’allocations de recherche, à la suppression attendue de postes IATOS et à une mutation sévère de la politique du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Parmi les principales modifications, le renforcement du pouvoir du président du centre et un changement de la politique de financement des laboratoires. Actuellement le CNRS finance les laboratoires en fonction de leurs résultats (publications, brevets), politique discutable mais qui permet à de petites équipes compétentes d’exister sur des domaines précis. Dans le futur, seuls seront financés les gros laboratoires travaillant sur des axes de recherche privilégiés. La recherche française risque donc de se concentrer sur quelques thèmes nationaux en fonction des promesses électorales et des enjeux financiers. Le tribut à payer semble bien lourd pour un pactole qui vaut moins de 15% des aides fiscales offertes aux 100 000 français les plus riches durant l’été 2007.

Plusieurs analyses économiques montre que l’ouverture des filières longues à un maximum d’étudiants est économiquement bénéfique. L’arrivée sur le marché du travail d’individus à haut niveau d’étude ne suffit certes pas à créer des emplois hautement qualifiés, mais en est une condition absolument nécessaire. Pour relancer le pouvoir d’achat de tous, développer une croissance suffisamment forte pour financer de vrais services publics et réussir la démocratisation du savoir, il est indispensable de proposer de vraies réformes ambitieuses.

En premier lieu, il est indispensable de poursuivre une vraie politique de massification de l’enseignement supérieur, non seulement en premier cycle mais aussi vers des études longues. Pour réussir, l’état doit s’engager pleinement dans le financement et l’accompagnement des universités.

Pour permettre à un maximum de faire de la recherche, le nombre d’allocations de recherche doit être considérablement accru, avec une politique d’ouverture vers les filières autres que scientifiques.

Une réforme de la politique de la recherche doit être menée afin de soulager financièrement et administrativement les laboratoires, même les plus petits. Un investissement massif en terme financier et de nombre de postes doit être fait vers les petites unités de recherche.

Le partage du savoir ne peut être limité par un horizon national. Il est temps de développer un espace européen de la recherche avec des politiques de coordinations, d’échanges et de partage des découvertes et des ressources. Les aides à la mobilité doivent être plus nombreuses et plus conséquentes.

Enfin, puisque le savoir est un bien commun à tous, la recherche tout comme l’enseignement supérieur doivent répondre à une mission de service public.

Ensemble, construisons un projet ambitieux :
un service public européen de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Contributon à Demosaïque, journal de la sensibiité DEMOS de l’UNEF, octobre 2007

image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

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