blog de Loïc Lucas

Espace d’échange et de réflexion

Non à la criminalisation de la jeunesse

Publié par Loïc Lucas sur Lundi 12 mai 2008

loic.lucas76@gmail.comHier soir : retour du rassemblement des élus UNEF à Évry. J’allume le JT sur France 2, et premier titre sur lequel je tombe : 13 morts ce WE sur les routes de France, ils avaient tous moins de 30 ans…

On ne peut pas nier qu’il existe un problème de sécurité routière en France. On ne peut pas nier aussi que les jeunes en sont les premières victimes. On peut néanmoins s’interroger sur les analyses de ces faits et sur les conclusions qui en découlent…

Car le journaliste a tout de suite embrayé sur la consommation d’alcool et de stupéfiants par les jeunes. Outre le fait que nous étions préparés à ce triste week-end (dès jeudi le médias mentionnait les chiffres mauvais de la sécurité routière), la première conclusion qu’on pourrait en tirer c’est que la politique répressive, si elle n’est pas accompagnée par une politique préventive et éducative n’a qu’un effet limité.

La seconde observation que je ferai c’est que de mon expérience avec les dragons vous ramènent, ce sont les jeunes qui font le plus appel à nous. Ajoutez à ceci qu’avec la gendarmerie 80% des éthylotests positifs que j’ai vu concernaient des quadra ou quinquagénaires… Vous comprendrez que les jeunes sont aujourd’hui sensibilisés aux dangers de l’alcool au volant… beaucoup plus que le père de famille qui, fier de ses 40 ans sans accident, rentre avec femme et enfants de chez son collègue qui sait servir de si grands crus…

Oui aujourd’hui les jeunes sont les premières victimes des accidents de la route. Oui ils font la fête plus que leur ainés et oui il est important de rester vigilant, surtout en sortie de boîte. Mais leurs aînés, qui sont exclus du peu d’éducation qui subsiste et sourds aux messages de préventions, sont également indifférents à la répression.

Les chiffres de la sécurité routières nous sont souvent balancés comme des pavés dans la mare. La baisse du nombre de tués sur les routes le signifie pas nécessairement qu’il y ai moins d’accident mais aussi que es véhicules sont plus sûrs qu’autrefois… Excepté pour les jeunes qui n’ont pas les moyens de se payer des véhicules neufs avec 20 airbags latéraux.

On attendrait de la part d’un journaliste un peu plus de sérieux et de ne pas rentrer dans le jeu d’un gouvernement qui a tout intérêt à criminaliser la jeunesse en ces commémoration des 40 ans de mai 68 et en plein mouvement lycéen.

Pour améliorer durablement la sécurité routière, il est grand temps de proposer une autre politique : Il y aura moins de tués sur les route quand il y aura moins de conducteurs… Développement des transports en commun et création d’un réel statut social pour tous, et en particulier pour les jeunes, afin que tous puissent de payer un billet de train, un ticket de bus et à défaut un véhicule sécurisant…

La sécurité est un droit pour tous, pas un privilège réservés aux plus riches… Et la sécurité ce n’est pas que montrer du bleu quand les médias s’affolent.

Publié dans Fait de société | Taggé: , | Aucun commentaire »

Pour une recherche publique européenne : construisons la CERI

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 8 mai 2008

www.laurent-fabius.netLa recherche est la clef de l’innovation, tant technologique que culturelle et sociale, et cette même innovation est notre garantie pour une croissance forte, une économie sereine et un peuple épanoui. Aujourd’hui, en France et en Europe, nous sommes face à deux problématiques inquiétantes : la recherche publique est insuffisamment accompagnée, voir même menacée dans notre pays et aucune politique commune de recherche et d’innovation n’est à l’œuvre dans Union Européenne. Nous avons construit une Europe économique. Il est grand tant de passer à une Europe politique et à une Europe sociale. Mais pour se donner la garantie d’une économie solide et de progrès ambitieux, nous devons en premier lieu construire l’Europe de la recherche.

En France, la recherche manque de moyens financiers, humains et infrastucturaux. N’est-il pas étonnant d’entendre des responsables se plaindre d’un manque d’étudiants, des étudiants d’un manque de perspectives et des étrangers de manques de visas et de titres de séjour. Il est absolument urgent de soutenir notre recherche, en donnant au CNRS les moyens et l’autonomie nécessaires à la conduite d’une politique de recherche cohérente à l’échelle nationale. Une politique de recherche ambitieuse doit aussi s’appuyer sur nos universités et écoles, dont les potentiels sont rarement mis en valeur. Un pays a besoin de chercheurs, et nos chercheurs ont besoin d’un service public d’enseignement supérieur ambitieux et de qualité.

Mais cela ne suffit pas. Nos têtes pensantes passent aujourd’hui davantage de temps à rechercher des crédits qu’à résoudre des problèmes… Et les équipes sont en concurrence au sein de l’Union Européenne, et parfois même au sein d’un pays! Je ne dis pas que chaque Etat membre doive se spécialiser dans un domaine, j’estime simplement que lorsque la concurrence entre personnels vient parasiter la qualité du travail et la santé de ces mêmes personnels, alors elle n’est pas justifiée. Nous devons aujourd’hui rendre une certaine cohérence aux financements sur projet, faire coopérer des équipes de plusieurs états, en soutenant en amont l’apprentissage des langues, en versant des aides à la mobilité et en créant un espace de ressource documentaire communautaire…

Voici quelques idées personnelles qui m’amènent et m’amèneront à défendre le projet initié par Laurent Fabius, la construction d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’innovation. Je ferai remarquer aux sceptiques que c’est aujourd’hui le seul responsable de gauche qui s’intéresse à la recherche, que ça ne date pas d’hier et que ça n’est donc pas de l’opportunisme et qu’il est temps de se bouger pour défendre notre recherche publique.

Image issue du site de Laurent Fabius,

vous trouverez l’intégralité de sa proposition à cette adresse : http://www.laurent-fabius.net/article1002.html

Vous trouverez ici la note détaillée du 23 novembre 2007 détaillant le projet téléchargeable sur le lien ci dessus ceri_detail_23_nov_2007

Publié dans Politique, Université | Taggé: , , , , , , | Aucun commentaire »

Fin de vie dans la dignité : Pour le vote d’une loi au Parlement

Publié par Loïc Lucas sur Lundi 5 mai 2008

www.laurent-fabius.net

Nous sommes aujourd’hui face à une situation où, en France, chacun ressent la nécessité d’agir mais ne sait comment aborder le débat. Les situations de Vincent Humbert ou de Chantale Sébite marquent les limites de l’aide passive à mourir encadrée par la loi Léonetti.  Leurs cris de secours ne sont que le sommet de l’iceberg, ou plutôt d’une pyramide de vide juridique.  en effet nous sommes bel et bien aujourd’hui devant cette situation : chaque jour des euthanasies sont pratiquées en toute illégalité, par des personnels de santé nous rappelant les hommes et les femmes ayant le courage de pratiquer des IVG dans la clandestinité il n’y a pas si longtemps…

Que l’on soit pour ou contre l’aide active à mourir, nul ne peut ignorer l’urgence législative devant laquelle nous nous trouvons.  Plusieurs états européens ont déjà amorcé cette démarche, et aucun débordement n’est à déplorer. Pourquoi refuser aux patients une fin de vie dans la dignité. Les plus grands risques d’abus risquent ils d’avoir lieu à l’ombre de la clandestinité ou à la lumière du droit ? Nécessité pour la

dignité humaine, l’aide active à mourir doit être placée dans un cadre juridique stricte, fixant le rôle de chacun - patient, proches, professionnels de santé et autorités judiciaires. C’est le sens de la proposition de loi que vous trouverez ici http://www.laurent-fabius.net/article1061.html et que je copie ci-dessous :

Article 1er

L’article L-1110-9 du Code de la Santé publique est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, peut demander à bénéficier, dans les conditions strictes prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité. »

Article 2

Après l’article L-1111-10 du même code, il est inséré un article L-1111-10-1 ainsi rédigé :

« L-1111-10-1. Lorsqu’une personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, demande à son médecin traitant le bénéfice d’une aide active à mourir, celui-ci doit saisir sans délai au moins quatre praticiens dont un médecin indépendant spécialiste de la pathologie du patient, un médecin hospitalier indépendant, un médecin légiste et un psychologue. Ce collège, auquel participe le médecin traitant, doit :
- informer le patient précisément sur son état de santé et son espérance de vie, se concerter avec le patient sur sa demande d’aide active à mourir et évoquer avec lui les possibilités thérapeutiques encore

envisageables ainsi que les possibilités qu’offrent les soins palliatifs et leurs conséquences. Il doit parvenir, avec le patient, à la conviction qu’il n’y a aucune autre solution dans sa situation et que la demande du patient est entièrement volontaire ;
- s’assurer de la persistance de la souffrance physique ou psychique du patient et de sa volonté réitérée. À cette fin, il mène avec le patient plusieurs entretiens, espacés d’un délai raisonnable au regard de l’évolution de l’état du patient ;
- s’il existe une équipe soignante en contact régulier avec le patient, s’entretenir de la demande du patient avec l’équipe ou des membres de celle-ci ;
- si telle est la volonté du patient, s’entretenir de sa demande avec les proches que celui-ci désigne et la personne de confiance au sens de l’article 1111-6 du présent code ;
- s’assurer que le patient a eu l’occasion de s’entretenir de sa demande avec les personnes qu’il souhaitait

rencontrer.

Le collège consigne par écrit le résultat de ces constatations et entretiens. Il rend ses conclusions sur l’état de l’intéressé dans un délai maximum de huit jours.

La demande du patient doit être confirmée par écrit. Le document est rédigé, daté et signé par le patient lui-même. S’il n’est pas en état de le faire, sa demande est actée par écrit par une personne majeure de son choix qui ne peut avoir aucun intérêt matériel au décès du patient. Cette personne mentionne le fait que le patient n’est pas en état de formuler sa demande par écrit et en indique les raisons. Dans ce cas, la demande est actée par écrit en présence du médecin, et ladite personne mentionne le nom de ce médecin dans le document. Ce document doit être versé au dossier médical.

Le médecin traitant respecte cette volonté. L’acte d’aide active à mourir pratiqué sous son contrôle a lieu dans un délai raisonnable au regard de l’évolution de l’état du patient. Ce délai d’un maximum d’un mois est le plus long possible au regard de l’état médical du patient.

L’intéressé peut à tout moment révoquer sa demande.

Les conclusions médicales et la confirmation de la demande sont versées au dossier médical. Dans un délai de quatre jours ouvrables à compter du décès, le médecin qui a apporté son concours à l’aide active à mourir, adresse à la commission régionale de contrôle prévue à l’article L 1111-14 un rapport exposant les conditions du décès. À ce rapport sont annexés les documents qui ont été versés au dossier médical en application du présent article. »

Article 3

L’article L-1111-11 du même code est remplacé par un article ainsi rédigé :

« L-1111-11. Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie. Elles sont révocables à tout moment. A condition qu’elles aient été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience de la personne, le médecin doit en tenir compte pour toute décision la concernant. Dans ces directives, la personne indique ses souhaits en matière de limitation ou d’arrêt de traitement. Elle peut également indiquer dans quelles circonstances elle désire bénéficier d’une aide active

à mourir telle que régie par le présent code. Elle désigne dans ce document la personne de confiance chargée de la représenter le moment venu. Les directives anticipées sont inscrites sur un registre national automatisé tenu par la Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de mourir dans la dignité, instituée par l’article L-1111-14 du présent code. Toutefois, cet enregistrement ne constitue pas une condition de validité du document. Les modalités de gestion du registre et la procédure de communication des directives anticipées à la Commission susvisée ou au médecin traitant qui en fait la demande sont définies par décret en Conseil d’Etat. »

Article 4

Après l’article L. 1111-13 du même code, il est inséré un article L. 1111-13-1 ainsi rédigé :

« L-1111-13-1. Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, se

trouve de manière définitive dans l’incapacité d’exprimer une demande libre et éclairée, elle peut néanmoins bénéficier d’une aide active à mourir à la condition que cette volonté résulte de ses directives anticipées établies dans les conditions mentionnées à l’article L. 1111-11. La personne de confiance saisit de la demande le médecin traitant qui la transmet à un confrère indépendant. Après avoir consulté l’équipe médicale et les personnes qui assistent au quotidien l’intéressé, et tout autre membre du corps médical susceptible de les éclairer dans les conditions définies par voie réglementaire, les médecins établissent,

dans un délai de quinze jours au plus, un rapport déterminant si l’état de la personne concernée justifie qu’il soit mis fin à ses jours.

Lorsque le rapport conclut à la possibilité d’une aide active à mourir, la personne de confiance doit confirmer sa demande en présence de deux témoins n’ayant aucun intérêt matériel ou moral au décès de la personne concernée. Le médecin traitant respecte cette volonté. L’acte d’aide active à mourir ne peut intervenir avant l’expiration d’un délai de quinze jours à compter de la date de confirmation de la demande.

Le rapport mentionné des médecins est versé au dossier médical de l’intéressé. Dans un délai de quatre jours ouvrables à compter du décès, le médecin qui a apporté son concours à l’aide active à mourir adresse à la commission régionale de contrôle prévue à l’article L 1111-14 un rapport exposant les conditions dans lesquelles celui-ci s’est déroulé.

À ce rapport sont annexés les documents qui ont été versés au dossier médical en application du présent article, ainsi que les directives anticipées. »

Article 5

Après l’article L. 1111-13 du même code, il est inséré un article L. 1111-14 ainsi rédigé :

« Article L.1111-14. Il est institué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé de la santé, un organisme dénommé « Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de finir sa vie dans la dignité ». Il est institué dans chaque région une commission régionale présidée par le préfet de région ou son représentant. Elle est chargée de contrôler, chaque fois qu’elle est rendue destinataire d’un rapport d’aide active à mourir, si les exigences légales ont été respectées.

Lorsqu’elle estime que ces exigences n’ont pas été respectées ou en cas de doute, elle transmet le dossier à la Commission susvisée qui, après examen, dispose de la faculté de le transmettre au Procureur de la République. Les règles relatives à la composition ainsi qu’à l’organisation et au fonctionnement des Commissions susvisées sont définies par décret en Conseil d’Etat. »

Article 6

Le dernier alinéa de l’article 1110-5 du même code est complété par deux phrases ainsi rédigées :

« Les professionnels de santé ne sont pas tenus d’apporter leur concours à la mise en oeuvre d’une aide active à mourir ni de suivre la formation dispensée par l’établissement en application de l’article L-1112-4. Le refus du médecin, ou de tout membre de l’équipe soignante, de prêter son assistance à une aide active à mourir est notifié à l’auteur de la demande. Dans ce cas, le médecin est tenu de l’orienter immédiatement vers un autre praticien susceptible de déférer à cette demande. »

Article 7

Après l’article L. 1111-13 du même code, il est inséré un article L. 1111-15 ainsi rédigé :

« Article L.1111-15. Est réputée décédée de mort naturelle en ce qui concerne les contrats où elle était partie la personne dont la mort résulte d’une aide active à mourir mise en oeuvre selon les conditions et procédures prescrites par le code de la santé publique. »

Article 8

Le deuxième alinéa de l’article L-1112-4 du même code est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Ils assurent également, dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels de santé, une formation sur les conditions de réalisation d’une euthanasie. »

Article 9

L’article L.221-5 du Code pénal est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Toutefois, par exception et sous le contrôle du juge, il n’y a ni crime ni délit lorsque les faits visés aux articles 221-1 et 221-3 ont été commis par un médecin suite à une demande active à mourir dans les

conditions et selon les procédures prévues par le Code de la santé publique. »

Article 10

Les charges éventuelles qui résulteraient pour l’Etat de l’application de la présente loi sont compensées, à due concurrence, par l’augmentation des tarifs visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Lors d’un débat avec son rédacteur au Conseil Général de Seine Maritime, j’ai pu obtenir les réponses à deux interrogations sur ce texte : pourquoi les instances judiciaires vérifient-elles la conformité juridique après l’acte d’aide active à mourir et quelles protections pouvaient être mise en place pour protégé le praticien de la réaction de citoyens quelque peu bornés ou de ses empployeurs…

La réponse à la première question est simple : la décision sur l’acte est une décision strictement médicale, et la justice ne doit pas intervenir en la matière, si ce n’est en cas de débordement manifeste, ce qui est fait lors de la vérification des démarches. Concernant la deuxième question, espérons que la société évoluera de manière aussi favorable que pour l’avortement dans notre pays.

Image issue su site de Laurent Fabius : http://www.laurent-fabius.net

Publié dans Fait de société, Politique | Taggé: , , , | Aucun commentaire »

le développement durable responsable et maîtrisé

Publié par Loïc Lucas sur Vendredi 2 mai 2008

loic.lucas76@gmail.comLes violents phénomènes météorologiques cet été nous montrent clairement l’urgence écologique devant laquelle nous nous trouvons. Mais au-delà des dérèglements climatiques, c’est à l’échelle du développement durable qu’il faut aujourd’hui raisonner, un développement durable avant tout responsable, prenant en compte l’ensemble des aspects écologique : émissions de gaz à effet de serre mais aussi santé ou biodiversité. Un développement durable également maitrisé qui ne peut peser massivement sur notre pouvoir d’achat mais qui représente un véritable vivier d’emploi et concerne l’ensemble des acteurs du monde socio-économique.

Les enjeux du développement durable sont complexes : les effets nuisibles pesant sur notre planète sont multiples et les solutions doivent être concertées, travaillées, parfois coûteuses mais à la hauteur des urgences auxquelles nous faisons face. Le Gouvernement, pourtant excellent dans l’art du spectacle, s’avère n’être qu’un piètre acteur écologique. Non content de rejeter plusieurs tonnes de CO2 lors un voyage fumeux en Alaska, M Borloo n’est en mesure que de nous proposer un inutile dispositif bonus-malus pour l’achat de nos automobiles. L’idée est simple : si vous achetez une voiture qui émet peu de CO2, gaz responsable du réchauffement climatique, vous avez droit à une prime. Les moteurs diesel rentrent dans cette catégorie mais ces moteurs « écologiques » rejettent plus de particules que les modèles essence ! En achetant un véhicule propre, vous dégradez la qualité de l’air avec un véritable risque sur notre capital santé… Intéressant non ? On ne peut que déplorer l’inefficacité du numéro 2 du gouvernement après le long show médiatique que fut le Grenelle… Les problématiques environnementales sont trop sérieuses pour être ainsi prises à la légère. De même, pourquoi ne pas inciter les pays du sud à s’équiper d’installation énergétique alternative, plutôt que se féliciter de la vente de réacteur nucléaire.

L’écologie, nous dit-on, est l’affaire de chacun. En effet, il est de notre responsabilité de devenir des éco-citoyens responsables. Mais si certaines mesures soulagent notre porte-monnaie (prendre une douche, laisser la voiture au garage, éteindre la lumière), il en est d’autres qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat. Le gouvernement propose des réductions d’impôt pour financer des maisons vertes alors que le prix de la main d’œuvre n’est pas pris en compte dans ce dispositif. Le libéralisme, dans sa quête du profit maximum, ne peut pas apporter de réponse sérieuse au développement durable. Sur de telles thématiques, les collectivités et l’Etat doivent jouer un rôle d’arbitre. Le développement durable coûte cher, mais pourquoi cette facture devrait-elle uniquement reposer sur les épaules des consommateurs. Au lieu d’une écotaxe, pourquoi ne pas appliquer le principe de pollueur-payeur et développer une taxe carbone pour les industriels.

Le développement durable sera un point majeur du siècle qui vient tout juste de débuter. Entreprises, collectivités, individus, chacun doit y mettre du sien pour répondre aux enjeux écologiques. Dans ce contexte, seules des politiques ambitieuses mais responsables et maitrisées seront à mêmes à répondre aux problématiques environnementales à venir.

Publié dans le ° 1 de Résolument à Gauche, Journal bimensuel du MJS 76

Photo issue du site d’Année Polaire Internationale, http://www.annee-polaire.fr/api

Publié dans Politique | Taggé: , , , , | Aucun commentaire »

La recherche, outil du progrès social et démocratique

Publié par Loïc Lucas sur Vendredi 2 mai 2008

www.laurent-fabius.netFrancis Bacon, homme d’état et philosophe anglais du XVIIème siècle, émit la réflexion selon laquelle le savoir est source de pouvoir. La démocratie étant un partage du pouvoir entre les individus, elle a donc besoin pour se développer d’être accompagnée d’une politique d’accessibilité pour tous au savoir. On peut en effet s’interroger sur la crédibilité d’un exercice démocratique tel qu’une élection lorsque les citoyens ne sont pas suffisamment éclairés pour faire un choix indépendant de toute pression médiatique ou gouvernementale. Ayant compris cette réalité, les forces progressistes de différents pays ont développé ces dernières décennies des politiques de démocratisation de l’éducation (collège unique, carte scolaire) et de massification de l’enseignement supérieur (non sélection sociale ou financière, lutte contre l’échec). De même, les tenants du libéralisme n’ont eu de cesse que de pilonner ces outils du progrès social. Aujourd’hui ces politiques semblent mise en défaut en France par un chômage de masse qui perdure depuis trop longtemps, par l’échec des étudiants en premier cycle (licence) et par le faible pouvoir d’achat de nos concitoyens.

Désespérés ou mal informés, certains n’hésitent pas à développer des théories selon lesquelles un partage du savoir provoquerait une baisse du niveau de connaissance, serait un frein à l’innovation, pèserait trop lourdement sur l’économie.

Après une profonde remise en question d’un service public de l’enseignement supérieur avec les réformes LMD et la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), le gouvernement de M Fillon (ou M Sarkozy, qui sait) s’attaque en sous main à la recherche française. Moyennant un pactole de 1.8 milliards d’euros (dont la moitié en allègements fiscaux pour les entreprises), on assiste à une stagnation du nombre de postes d’enseignants chercheurs et d’allocations de recherche, à la suppression attendue de postes IATOS et à une mutation sévère de la politique du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Parmi les principales modifications, le renforcement du pouvoir du président du centre et un changement de la politique de financement des laboratoires. Actuellement le CNRS finance les laboratoires en fonction de leurs résultats (publications, brevets), politique discutable mais qui permet à de petites équipes compétentes d’exister sur des domaines précis. Dans le futur, seuls seront financés les gros laboratoires travaillant sur des axes de recherche privilégiés. La recherche française risque donc de se concentrer sur quelques thèmes nationaux en fonction des promesses électorales et des enjeux financiers. Le tribut à payer semble bien lourd pour un pactole qui vaut moins de 15% des aides fiscales offertes aux 100 000 français les plus riches durant l’été 2007.

Plusieurs analyses économiques montre que l’ouverture des filières longues à un maximum d’étudiants est économiquement bénéfique. L’arrivée sur le marché du travail d’individus à haut niveau d’étude ne suffit certes pas à créer des emplois hautement qualifiés, mais en est une condition absolument nécessaire. Pour relancer le pouvoir d’achat de tous, développer une croissance suffisamment forte pour financer de vrais services publics et réussir la démocratisation du savoir, il est indispensable de proposer de vraies réformes ambitieuses.

En premier lieu, il est indispensable de poursuivre une vraie politique de massification de l’enseignement supérieur, non seulement en premier cycle mais aussi vers des études longues. Pour réussir, l’état doit s’engager pleinement dans le financement et l’accompagnement des universités.

Pour permettre à un maximum de faire de la recherche, le nombre d’allocations de recherche doit être considérablement accru, avec une politique d’ouverture vers les filières autres que scientifiques.

Une réforme de la politique de la recherche doit être menée afin de soulager financièrement et administrativement les laboratoires, même les plus petits. Un investissement massif en terme financier et de nombre de postes doit être fait vers les petites unités de recherche.

Le partage du savoir ne peut être limité par un horizon national. Il est temps de développer un espace européen de la recherche avec des politiques de coordinations, d’échanges et de partage des découvertes et des ressources. Les aides à la mobilité doivent être plus nombreuses et plus conséquentes.

Enfin, puisque le savoir est un bien commun à tous, la recherche tout comme l’enseignement supérieur doivent répondre à une mission de service public.

Ensemble, construisons un projet ambitieux :
un service public européen de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Contributon à Demosaïque, journal de la sensibiité DEMOS de l’UNEF, octobre 2007

image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

Publié dans Politique, Université | Taggé: , , , , , , , | 2 Commentaires »

Pour la défense de la laïcité républicaine

Publié par Loïc Lucas sur Jeudi 1 mai 2008

www.laurent-fabius.netLa première année du mandat du Président Sarkozy a été un coup dur dans de nombreux domaines : service public, enseignement supérieur, éducation nationale, pouvoir d’achat, franchises médicales, … Mais il est un secteur particulier où la fronde Sarkozysite a brisé la tradition républicaine : la laïcité. Tour commence avec des annonces… Une volonté à peine masquée de remettre en cause la loi de 1905, pilier de la République institutionnalisant la séparation de l’Eglise et de l’Etat de Ferdinand Buisson, Aristide Briand et Jaures. Et cela se poursuit avec deux discours. Le premier date de décembre 2007, en présence des responsables pontificaux, à Rome . voici quelques extraits :

« Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux. »

« C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité. »

«Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

Intéressant non?

Pourquoi ces déclaration sont-elles inacceptables? Premièrement, le Président de la République entend ici qu’il n’y a d’espérance que la croyance religieuse. Si la République doit incarner l’espoir de tous les citoyens qui la compose, elle doit aussi assurer l’espérance des citoyens qui n’ont pas de croyance religieuse. On peut comprendre que M Sarkozy ne comprenne pas l’espérance socialiste, mais qu’il accepte au moins que certains ne croient pas en une puissance divine! Passons sur l’allusion au fait que les problèmes des banlieues seraient dûs à un manque de spiritualité…

Deuxièmement, ces propos sont dangereux car ils classent les religions entre elles. Nicolas Sarkozy ne fait jamais mention du rabbin ou de l’imam… seulement du curée et du pasteur…

La laïcité est la défense de toute les formes de pensées. chaque citoyen est libre de penser. c’est en ce sens qu’elle n’a pas besoin d’être positive. Nous refusons que soient hiérarchiser les citoyens entre eux en fonction de leur conviction religieuse.

propos receuilli sur le site su journal Le Monde, http://www.lemonde.fr/

image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

Publié dans Politique | Taggé: | Aucun commentaire »

Jeune fabiusien

Publié par Loïc Lucas sur Mercredi 30 avril 2008

www.laurent-fabius.netPour ceux qui ne le savent pas encore, je suis ce que l’on pourrait appeler un jeune fabusien. Ceci ne signifie nullement que je suis un bébé éléphant ou un quelconque descendant d’une espèce pachidermique. Parfois excessif, la fougue de la jeunesse comme dirait un ancien du PS qui se reconnaitra, l’étiquette fabusienne ne signifie pas que je voue un culte à la personnalité de celui qui fût le plus jeune premier ministre de France. Si je me retrouve dans les idées défendues par Laurent Fabius, c’est d’abord et avant tout sur sa vision de l’action politique et publique. Refus de la politique bling-bling, volonté du sérieux et du pragmatisme, recherche des débats de fond… Tels sont les conceptions que nous partageons. Partage sur la forme mais aussi adhésion sur le fond justement. Quoiqu’on en dise, son action ces derniers mois n’a pas manqué de courage : positionnement sur le projet constitutionnel, sur la fin de vie dans la dignité, propositions pour un espace européen de la recherche et de l’innovation, pour la création d’une pollutaxe… Sans parler de la levée de lièvre que fût la TVA sociale entre les deux tours des législatives…

Voici quelques lignes pour signifier aux sceptiques qu’être jeune fabiusien aujourd’hui n’est ni une tarre ni un signe de pachidermisme précoce… C’est simplement croire que la reconstruction de la Gauche se fera résolument à gauche, dans le rassemblement, avec sérieux et ambition.

Image issue du site de Laurent Fabius, http://www.laurent-fabius.net

Publié dans Politique | Taggé: , , , | Aucun commentaire »

Déclaration de principe du Parti Socialiste

Publié par Loïc Lucas sur Mercredi 30 avril 2008

http://www.parti-socialiste.fr/Je publie ici le projet de déclaration de principe du PS. N’hésitez pas à le commenter. voici quelques observations personnelles : la principale évolution par rapport la précédente de 1990 est l’apparition du thème du développement durable et de la sauvegarde de la planète. On remarque aussi qu’elle est relativement consensuelle, négligeant peut-être un brin de radicalité qui nous aurait évité les sobriquets de nos amis communistes et permis de réaffirmer notre attachement à la reconstruction de la Gauche. Voici le texte que vous pouvez aussi télécharger sur le site du PS : http://www.parti-socialiste.fr/

Parti socialiste 23 avril 2008
Projet

DECLARATION DE PRINCIPES
PREAMBULE

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, proclamées par la Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il revendique le souvenir de 1848, de la Commune, l’héritage de la République et de son oeuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1968, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédés. Il participe des grands combats politiques et intellectuels pour la liberté de l’homme, de l’Affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort. Ces ambitions sont plus que jamais d’actualité. Pour les socialistes, l’être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les potentialités. C’est pour cela, que les conditions dans lesquelles il vit sont essentielles. Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes, celle qui motive un engagement renouvelé pour le progrès au fil des générations, par-delà les moyens mis en oeuvre, qui, eux, se formulent différemment dans le temps selon les enjeux et les problèmes. Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité. Sa nature est « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.

I - NOS FINALITES FONDAMENTALES
Art 1
Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète.
Art. 2
L’égalité est au coeur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature. Elle porte un message universel, dès lors qu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux de chacun et de tous. Pour les socialistes, ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société. La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité
des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, et réduire les écarts de conditions.

Art 3
Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les finalités du socialisme démocratique, l’émancipation humaine, portent pleinement la volonté de préserver notre planète aujourd’hui menacée, de protéger et de renouveler les ressources naturelles, de promouvoir la qualité de l’environnement. Cette nécessité demande des réponses qui ne privilégient pas la rentabilité immédiate, concilient les intérêts particuliers et l’intérêt général, le développement et l’écosystème. Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes, les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités fondamentales que la promotion du progrès des sociétés humaines et la satisfaction équitable de leurs besoins.
Art 4
Le progrès, synonyme d’amélioration de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes. Ils pensent que l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. Ils promeuvent la connaissance, l’éducation, la recherche, la culture. Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. L’expansion technologique, le développement des nano et biotechnologies, l’ingénierie génétique posent des questions essentielles pour l’avenir de l’humanité. Le mérite du principe de précaution est de permettre de faire des choix collectifs,
à travers l’arbitrage des choix politiques, qui subordonnent l’acceptabilité des risques, inséparables du développement de la science, à l’utilité des innovations et à la légitimité de leur utilisation. Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide des indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus.
Art 5
La démocratie représente, à la fois, une fin et un moyen. Elle incarne une valeur et un combat universels. Elle conditionne la nature même de l’action socialiste. Elle ne se résume pas à une méthode. Être socialiste, c’est penser que les hommes et les femmes décidés à agir ensemble peuvent influer sur l’évolution de leur vie, de leur société et du monde. Notre socialisme est une conception et une pratique de la citoyenneté dans tous les domaines et sous toutes ses formes. Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative forment un tout pour permettre la délibération et la décision
collectives.

II – NOS OBJECTIFS POUR LE XXIE SIECLE
Art 6
Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier.
Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale. Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels. Les socialistes font de la création durable et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique. Ils pensent que les politiques participant aux enjeux environnementaux doivent être coordonnées par la puissance publique garante du long terme et de l’intérêt général.
Art 7
Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production. C’est une société nouvelle, qui dépasse les contradictions du capitalisme, faisant toute sa place au secteur non-marchand, que les socialistes veulent bâtir. Le travail humain est un enjeu fondamental, c’est un moyen individuel et collectif d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation. Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l’emploi et d’autres seraient enfermés dans l’assistance. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale. Le travail doit aller de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre, l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun de construire sa vie et la possibilité de participer à la vie publique.
Art 8
Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’État social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. Celui-ci privilégie d’abord l’investissement productif au détriment de la rente. Il assure ensuite une protection contre les risques sociaux. Il repose sur une redistribution assumée. Il doit garantir pour tous, la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle.La régulation est
également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale. Enfin, l’État moderne doit être un État, qui investit et émancipe en privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture.
Art 9
Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. Le combat pour une communauté internationale pacifique est indissociable de la défense des droits de l’Homme. Il demande également de reconnaître les intérêts propres des États et des peuples, de travailler à dégager les intérêts communs pour construire un monde équilibré, juste et sûr. Il exige aussi un double effort pour conforter et réformer les institutions internationales. Nous avons besoin pour ce faire du renforcement des Nations unies et du
poids de l’Union européenne et de sa détermination.
Art 10
La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable. La France est, de par son histoire, à la fois, singulière et universaliste, elle doit être fidèle à ce double héritage. Elle doit respecter tous ceux qui vivent sur son territoire en combattant toutes les discriminations.

III – NOTRE PARTI SOCIALISTE
ART 11
Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. Il combat pour la séparation des pouvoirs, garantie d’un régime de responsabilité politique. Il défend le pluralisme et l’indépendance de l’information dans les médias. Il ne considère pas la nation comme une juxtaposition de communautés, mais comme un contrat entre citoyens libres et responsables, respectueux des droits de toutes celles et de tous ceux qui vivent sur son territoire, attentif à ce que chacun accomplisse aussi ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.
Art 12
Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes et tous les intégrismes. Elle entend promouvoir et organiser un espace commun, prenant en compte les diversités culturelles et religieuses, dès lors qu’elles ne sont pas un obstacle pour les libertés individuelles et collectives. La laïcité est une condition de notre vivre ensemble dans la République. Art 13
Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire. Le Parti socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat. Il ne considère jamais les rapports de force d’un moment comme figés ou indépassables. Il entend lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d’injustices et d’inégalités.

Art 14
Le Parti socialiste est féministe et agit en faveur de l’émancipation des femmes. Il oeuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la mixité de la société. Il garantit aux femmes, l’accès aux droits fondamentaux (santé, éducation, contraception, IVG), et condamne la marchandisation du corps humain.
Il combat les atteintes à l’intégrité et à la dignité humaines en raison du sexe ou de l’orientation sexuelle.
Art 15
Le Parti socialiste est un parti décentralisateur. Il met le respect de la diversité, des territoires, au coeur de ses valeurs. Il veut allier la présence d’un Etat régulateur et garant de l’équilibre –y compris financier- entre les territoires, à une démocratie locale vivante et innovante.
Art 16
Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Celle-ci est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun. Elle doit être accessible et égale pour tous. Elle a pour vocation non seulement de sanctionner mais aussi d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.
Art 17
Le Parti socialiste met la culture au centre de ses valeurs. Celle-ci permet, à la fois, de rassembler et de libérer. Face au danger d’une civilisation par trop uniformisée et marchandisée, la culture, avec l’apport irremplaçable des artistes, contribue à construire un monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. L’accès à la culture pour tous et la démocratisation des pratiques culturelles sont notre objectif.
Art 18
Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l’Union européenne qu’il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l’Union européenne et de la construction d’une Europe politique. Pour les socialistes, celle-ci doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d’assurer la paix sur le continent et d’y contribuer dans le monde, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d’aider à relever les défis planétaires par l’exemple d’association qu’elle offre. Membre du Parti socialiste européen, le Parti socialiste entend tout mettre en oeuvre pour le renforcer afin que soit porté un message socialiste en Europe.
Art 19
Le Parti socialiste est un parti internationaliste. Il condamne toutes les oppressions et exploitations dont sont victimes les hommes et les peuples, qu’elles qu’en soient les origines et les causes. Il agit pour le développement des pays du Sud. Il combat la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme sous toutes leurs formes. Il milite pour un ordre international juste et respecté, pour une coopération entre les peuples. Il défend le rôle de l’ONU et des institutions internationales. Il souhaite que l’Internationale socialiste, de forum international pour les partis et les forces progressistes qu’elle tend à être aujourd’hui, devienne un véritable mouvement progressiste et internationaliste.
Art 20
Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long des XIXe et XXe siècles. Il entend exprimer l’intérêt général du peuple français.
Art 21
Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux. Il prend en compte dans un dialogue permanent, les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementales… Le Parti socialiste est un parti qui défend une éthique politique dans l’engagement militant. Il repose sur une adhésion volontaire qui demande que
les décisions, les textes et les règles, délibérés et adoptés en commun, soient respectés.
Art 22
Le Parti socialiste veut rassembler toutes les cultures de la gauche. Il ne se résigne pas aux divisions de l’histoire. Organisant en son sein depuis toujours un libre débat, il appelle tous les hommes et toutes les femmes qui partagent ses valeurs à rejoindre ce combat.

Image issue du site de Parti Socialiste, http://www.parti-socialiste.fr/

Publié dans Politique | Taggé: , , , | Aucun commentaire »

Rappel de précédents articles de mon ancien blog 4/4

Publié par Loïc Lucas sur Mercredi 30 avril 2008

http://www.2007lagauche.net/Publié le 05/10/07 : Reconstruire la Gauche
A genou par le souffle du dragon Sarkozy, la gauche française peine à se relever. Jamais pareille attaque n’avait été menée depuis bien longtemps. Face a cette droite sauvage, décomplexée, il est indispensable de reconstruire ensemble une Gauche tout autant décomplexée, courageuse et ambitieuse. Le gouvernement actuel pilonne les principes même de la solidarité et les outils du bon fonctionnement démocratique. Souhaitant probablement maintenir le peuple un peu plus dans l’obscurantisme, le Ministre de l’Education Nationale souhaiterait même vider le sol français des derniers économistes et sociologues susceptibles de comprendre les méfaits de sa politique. Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de trouver un leader de la Gauche. Un homme ou une femme compétent(e), ayant la stature d’un homme d’état, et capable de porter les valeurs de la Gauche dans sa diversité comme dans son unité. Une fois ce personnage connu, nous pourrons ensemble définir un projet commun, une certaine vision sociale et économique de la France et de l’Europe de demain. Trop de gens souffrent de la politique de Sarkozy, et plus souffriront encore. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Pas encore. Pas une fois de plus.

Image issue du site de Reconstruire la Gauche, http://www.2007lagauche.net/

Publié dans Politique | Taggé: , , , , , | Aucun commentaire »

Rappel de précédents articles de mon ancien blog 3/4

Publié par Loïc Lucas sur Mercredi 30 avril 2008

loic.lucas76@gmail.comPublié le 5/10/2007 : Les tests de la honte
Historiquement, la République Française a souvent été présentée comme une terre d’asile, un pays des Droits de l’Homme et de la Démocratie. Depuis maintenant plus de 4 mois, plusieurs de ces grands principes sont profondément remis en questions. Non contents de créer un amalgame malsain entre immigration, insécurité et chômage, le Président de la République et ce qui est le plus “droite extrême” des ministres que nous avons connu ont fait voter une loi au Parlement permettant de recourir à des tests génétiques pour les démarches de regroupement familial. Outre le fait que je ne vois pas quelle lien génétique peut exister dans un couple (sauf consanguinité…), le principe même de recourir à des techniques scientifiques réservées aux domaines judiciaire et médical est condamnable. Les populations immigrées souhaitant bénéficier de la politique de regroupement familial ne sont en effet ni malades ni criminelles. La famille de M Sarkozy a pu immigrer en France grâce à la générosité de la République. Il serait sage de sa part de ne pas oublier de développer cette générosité et de permettre à chacun de mener la vie dont il rêve sans discrimination, sans persécution et sans stigmatisation.

Allez signer la pétition contre les tests de la honte : http://www.touchepasamonadn.com/

L’intervention de Laurent Fabius au Zenith de Paris : http://www.laurent-fabius.net/article985.html

Image issue du site de Charlie Hebdo

Publié dans Politique | Taggé: , , , , | Aucun commentaire »