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En plein lancement de la campagne pour les élections régionales, la droite espère nous faire avaler de nouvelles couleuvres. Elle dénonce la soit-disant mauvaise gestion des équipes de gauche à la tête de nos collectivités. Non seulement ces accusations sont infondés mais en plus la droite elle-même est responsable de l’explosion de l’endettement dans notre pays. Alors que 75% de l’investissement public est réalisé par les collectivités locales, l’état s’endette de près de 1 milliard d’euros par jour !
J’invite chacun d’entre nous à chercher ne pas prêter oreille à cette démagogie habituelle claironnée par la la droite française. Lisez par vous même les bilans des 20 régions à majorité socialiste. Par exemple, en Haute Normandie, avec Alain le Vern, la dette par habitant a été divisée par 2,5 ! Et si cela ne vous convainc pas, regardez ce tableau monté sur la façade du Conseil Général de Seine Maritime, où défile l’ardoise de l’Etat :
238 195 040,00 € le 1er décembre, et 139 euros par minute depuis.
De retour de l’Université d’été de la Rochelle ou Martine Aubry a donné le Cap pour les semaines à venir. Très bonne intervention de Laurent Fabius samedi matin qui nous rappelle les batailles en cours : privatisation de la poste, démentellement des collectivités locales et redécoupage électoral … Allez signez la pétition contre la privatisation de la poste sur www.touchepasamaposte.eu
Texte rédigé pour le journal de la sensibilité DEMOS pour le 81ème congrès de l’UNEF
Ces quarante dernières années, l’enseignement supérieur français a connu une profonde évolution. Si le pari d’une massification de l’Université semble gagné, celui de sa démocratisation – et de celle des savoirs en général – est aujourd’hui en recherche de solution.
Il semble facile de nos jours d’accéder à l’enseignement supérieur, mais être fils d’ouvrier ou fils de cadre n’est pas synonyme d’égalité devant la réussite universitaire ou le choix des filières (doc. ci dessous, OVE; enquête condition de vie 2006, http://www.ove-national.education.fr). Ce constat nous contraint aujourd’hui à agir en profondeur pour faire des universités non plus un instrument de sélection sociale mais un outil de production et de transmission des savoirs au plus grand nombre. Ce décalage entre massification et démocratisation est essentiellement le fait d’une inertie dans le financement du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Aujourd’hui, l’Etat Français lui consacre à peine 2% de son PIB. Dans ce contexte, se pose la question du financement public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Convaincu de la nécessité d’investir massivement – et en particulier en période de crise – dans ce service public, certains seraient tentés d’inciter les universités à rechercher elles-mêmes des financements auprès des entreprises. Cette ressource, séduisante par son abondance, n’en demeure pas moins une magnifique illusion, tout simplement car le secteur privé a déjà la possibilité d’investir dans la recherche et ne le fait qu’à la marge et sur des thématiques rentables. Non seulement cette politique serait inefficace mais également génératrice d’inégalités : comment aménager équitablement le territoire si les établissements sont en concurrence pour trouver leurs moyens ? Oui, il est normal que le privé participe au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Oui, il est indispensable de répartir cette ressource pour garantir l’égalité entre un étudiant de Paris, de Rouen ou de Marseille. Mais il existe un moyen très simple pour utiliser au mieux l’argent des entreprises comme financement du service public : l’impôt national. L’impôt permet d’assurer une double équité. Une équité dans les prélèvements, puisque les entreprises versent en fonction de leurs bénéfices, et une équité dans la redistribution, puisque les universités reçoivent en fonction de leurs besoins, pour corriger les inégalités de territoire. C’est pourquoi cet impôt ne peut être local mais national, sous la gestion exclusive de l’Etat.
Cependant, le renfort des financements de l’Etat s’avère insuffisant actuellement. Si l’enseignement supérieur et la recherche demeurent et doivent rester une compétence de ce dernier, il est important que les collectivités locales s’engagent davantage dans l’accompagnement du service public de l’enseignement supérieur, sans avoir à peser en retour sur la politique de l’Université (autrement que par la participation des personnalités extérieures dans le Conseil d’Administration). Il est au moins trois secteurs essentiels dans lesquelles les Universités ont besoin d’un accompagnement des collectivités territoriales : infrastructures, sport et culture. En mettant en cohérence les CQD des établissements et les CPER des Régions, celles-ci peuvent investir dans la restructuration des campus, la rénovation des bibliothèques universitaires et la création de lieux de vies étudiants. Dans les domaines du sport et de la culture, les étudiants sont souvent les grands exclus des politiques locales. Ils demeurent des citoyens fragilisés car sans ressources malgré un besoin d’accès aux loisirs pour leur épanouissement et leur réussite universitaire. Infrastructures, sport et culture, mais on pourrait également aborder le transport et la mobilité, le logement et l’action sociale. Ces domaines sont des compétences des collectivités locales et les politiques engagées doivent permettre de favoriser l’égalité et la réussite des étudiants et plus largement dans l’intérêt de l’ensemble des résidants en France. La démocratisation des savoirs est à portée de main : quelques graines de courage politique, un engagement des collectivités locales et un impôt national pour corriger les inégalités de territoire sont les bases solides d’un projet pour notre enseignement supérieur.
Question à Martin Hirch, Haut Commissaire aux solidarités atives, à la pauvreté et à la jeunesse.
En France, les inégalités sont nombreuses et profondes. Et chez les jeunes et les étudiants, elles le sont encore plus. La première des inégalités est financière, et en cela la mise en place d’une allocation autonomie est une nécessité absolue. Mais relancer le pouvoir d’achat – ou devrais-je dire le pouvoir de vie – des jeunes ne passe pas uniquement par augmenter leur ressources mais aussi par baisser leur dépenses.
Lorsque votre gouvernement se désengage de ces contrats avec les collectivités locales et que celles-ci ne peuvent plus développer des programmes en faveur des jeunes – réduction de tarif ou gratuité – vous êtes responsable des inégalités chez les jeunes. Quand un Département, à cause de votre désengagement, ne peut plus soutenir le CROUS dans ses acquisitions en logement social étudiant, vos êtes responsable des inégalités des étudiants. Et a propos de logement social, plutôt que d’utiliser policiers et gendarmes pour rafler des immigrés, pourquoi ne faites vous pas appliquer la loi qui veut que chaque commune compte 20% de logements sociaux. Prenons par exemple Neuilly, avec 3% de logements sociaux, baffouant ainsi une loi de la République.
Mais vous avez une autre responsabilité. Aujourd’hui, en France, le plus grand plan social n’est pas chez Continental ou Caterpilar. Non, le plus grand plan social a lieu dans la fonction publique ! Quand un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite n’est pas remplacé, c’est des milliers de jeunes qui sont au chomage plutôt qu’au travail. Et quand on a les moyens de créer un bouclier fiscal pour protéger le patrimoine des plus riches, on a au moins la déscence de créer une service public fort, patrimoine de ceux qui n’en ont pas.
Aujourd’hui encore, j’ai entendu des camarades universitaires en lutte se plaindre du manque de soutien de la part des députés de l’opposition. En réponse, voici la question écrite adressée par Laurent Fabius, député de Seine Maritime, à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur.
Un cours message pour féliciter la gauche du rejet d’hadopi… et pour réagir aux propos du ministère de la culture comme quoi 15 socialistes représenteraient un surnombre… En fait les députés de droite prennent tellement à coeur leur fonction qu’ils ne se déplacent que quand la gauche risque de gagner… Belle motivation je trouve. Bon ne soyons pas mauvais joeur, 15 socialistes c’est aussi très peu…